En bref
- Je suis une légende (I Am Legend) 2 existe toujours sur le papier
- La mort du héros n’est pas le vrai blocage
- Warner Bros. reste un facteur d’incertitude
Le point le plus étrange dans I Am Legend 2, c’est que le retour de Will Smith n’est pas ce qui bloque. On aurait pourtant pu croire l’inverse, vu la fin du film de 2007. Mais non, le vrai frein est ailleurs, dans un développement qui patine encore.
Le problème n’est pas celui qu’on croyait
En promotion pour Practical Magic 2, Akiva Goldsman a donné un signe de vie du projet. Le scénariste et producteur explique qu’il s’est heurté à une série d’obstacles, sans détailler leur nature, mais qu’il refuse de les laisser enterrer le film. Il dit, « Je me suis heurté à une série d’obstacles que je refuse de laisser me vaincre. Nous continuons d’avancer. Nous essayons. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour le faire ».
Le projet annoncé en 2022 reste donc vivant, avec Will Smith et Michael B. Jordan attachés à cette version. Résultat, on n’est pas face à une annulation discrète, plutôt à un film coincé dans ce purgatoire hollywoodien que tout le monde connaît, le development hell, ce moment où un projet existe, mais ne se matérialise jamais vraiment.
Une suite rendue possible par une autre fin
Si Robert Neville peut revenir, c’est grâce à la fin alternative sortie en bonus vidéo. C’est elle, et non la fin cinéma, qui sert de base à la suite.
Dans cette version, le personnage joué par Will Smith comprend que les créatures ne sont pas de simples monstres. Elles cherchent à récupérer l’une des leurs, capturée par Neville. Le personnage survit, et surtout il réalise qu’en face aussi, on tente juste de survivre. C’est une inflexion assez forte, presque une relecture du film, et franchement plus intéressante que le final sorti en salles.
Une franchise qui traîne ses blocages depuis des décennies
Le dossier I Am Legend n’a jamais été simple. Le film de 2007, tiré du roman de Richard Matheson, a rapporté plus de 585 millions de dollars dans le monde, soit environ 538 millions d’euros. Avant lui, il y a eu l’adaptation de 1964 avec Vincent Price, puis The Omega Man en 1971 avec Charlton Heston. Entre les deux, l’univers du livre a aussi nourri George Romero pour Night of the Living Dead.
Et chez Warner Bros., les tentatives ratées se sont accumulées. En 1997, Ridley Scott voulait tourner avec Arnold Schwarzenegger, avant que le studio coupe court à cause d’un budget de 100 millions de dollars, environ 92 millions d’euros. Plus tard, Michael Bay entre en jeu, Schwarzenegger passe à la production, puis s’en va. Seul Will Smith reste jusqu’au film réalisé par Francis Lawrence.
Will Smith compte moins que la météo interne du studio
La claque donnée à Chris Rock aux Oscars a bien ralenti les projets de Will Smith. Quelques studios ont levé le pied, et l’acteur s’est mis en retrait. Mais le succès de Bad Boys: Ride or Die, avec 405 millions de dollars au box-office mondial, soit environ 372 millions d’euros, a montré qu’il n’était pas devenu toxique commercialement.
L’autre souci, plus structurel, c’est Warner Bros. lui-même. Entre changements de propriétaires, remous dans la direction créative et fusion avec Paramount, le studio a toutes les raisons de regarder de travers un gros film de franchise. Bref, la vraie question dépasse ce seul sequel. Elle dit quelque chose d’Hollywood aujourd’hui, où même les marques connues n’avancent plus sans garanties massives.