En bref
- Burt Reynolds a refusé Han Solo
- Il a admis plus tard le regretter
- Star Wars restait imprévisible en 1977
Le plus frappant, avec cette histoire, c’est qu’elle paraît énorme seulement après coup. En 1977, refuser Han Solo dans Star Wars n’avait pas encore le poids mythologique qu’on lui donne aujourd’hui. George Lucas lançait un film spatial ambitieux, oui, mais personne ne savait encore qu’il allait s’installer pour des décennies dans la culture populaire.
Un refus qui raconte bien le Hollywood de 1977
À l’époque, le cinéma américain sortait d’une vague plus sombre, parfois franchement cynique. Même THX 1138, le premier long métrage de George Lucas, allait dans ce sens. Star Wars, lui, arrivait avec autre chose, un récit simple, nerveux, presque joyeux, où des rebelles font sauter l’arme suprême de l’Empire et où la Force relie les êtres vivants.
C’est aussi ce décalage qui a porté le film. Moins solennel, plus aventureux, avec un goût de serial SF des années 1940. Et ce n’est pas un hasard si l’autre très gros carton de 1977 fut Smokey and the Bandit, le film de Hal Needham porté par une énergie légère et très populaire.
Han Solo, un rôle taillé pour lui sur le papier
Burt Reynolds avait bien passé une audition pour Han Solo. Puis il a laissé filer. Des années plus tard, dans un entretien accordé à Business Insider en 2016, il a reconnu qu’il n’avait pas voulu jouer ce type de personnage à ce moment-là, avant d’ajouter, en parlant de cette décision, « Maintenant, je le regrette. J’aurais aimé l’avoir fait. »
Et franchement, on voit très bien pourquoi l’idée tient. Reynolds comme Harrison Ford savaient jouer les charmeurs un peu voyous, ceux qui avancent avec décontraction même quand tout part en vrille. Le parallèle avec Smokey and the Bandit saute presque aux yeux, jusque dans la dynamique des personnages autour de lui.
Une occasion manquée, mais pas une carrière ratée
Bon, il faut aussi rappeler un détail important, Burt Reynolds n’était pas un outsider en attente de son grand rôle. Il avait déjà marqué avec Deliverance, connu un énorme succès avec The Longest Yard, et même signé une mise en scène avec Gator. Star power, il y en avait déjà pas mal.
De l’autre côté, Harrison Ford montait encore, même s’il avait déjà accumulé des films comme Zabriskie Point, American Graffiti et The Conversation. Le contraste est intéressant, Lucas pouvait choisir une star installée ou un visage en pleine ascension.
Ce que ce casting fantôme change dans notre lecture de Star Wars
La légende autour de Han Solo ne s’arrête pas à Reynolds. La source rappelle que Kurt Russell a, lui aussi, auditionné, tout comme Kelsey Grammer, bien avant Frasier. Et il y a même eu, plus tard, un sketch de Saturday Night Live avec Norm MacDonald jouant Reynolds dans un faux essai pour Darth Vader.
Résultat ? Le regret existe, mais il reste relatif. En refusant Star Wars, Reynolds a aussi pu tourner Smokey and the Bandit, autre succès massif, autre franchise, autre empreinte sur son époque. La différence, clairement, c’est l’échelle, Star Wars a transformé un film en empire culturel et financier. Et c’est peut-être ça, le vrai sujet, un casting ne change pas seulement une carrière, il peut aussi déplacer tout un imaginaire collectif.