Le grand crossover Star Trek de Brent Spiner s’est brisé net

Brent Spiner voulait réunir toutes les époques de Star Trek dans un seul film. L’idée était énorme, mais ni le budget ni Paramount n’ont suivi.

Brent Spiner face à l’insigne Star Trek
Image d'illustration. Le projet de crossover n’a jamais abouti. — ADN

En bref

  • Brent Spiner visait un crossover géant
  • Le coût et Nemesis ont tout bloqué
  • Paramount a préféré le reboot

L’idée avait de quoi faire saliver les fans, mais elle s’est fracassée sur quelque chose de beaucoup plus banal que la nostalgie, l’argent. Au début des années 2000, juste après Star Trek: Nemesis, Brent Spiner a travaillé avec le scénariste John Logan sur un film pensé comme un immense crossover entre toutes les incarnations de Star Trek alors existantes.

Un rêve de crossover bien trop large pour l’époque

Ce que voulait Spiner, ce n’était pas juste un retour de plus. Il parlait d’un long-métrage avec, en gros, tout le monde. Les personnages issus de toutes les séries et films disponibles à ce moment-là devaient s’y croiser.

Il a aussi raconté que le projet reposait sur une idée de scénario où chacun aurait joué deux rôles. Et il gardait visiblement une vraie affection pour cette tentative, en disant de ce film qu’il aurait été fantastique. Mais lui-même admettait que c’était un fantasme de passionnés plus qu’un projet vraiment finançable.

Nemesis a plombé l’équation économique

C’est là que l’attente et la réalité se séparent franchement. Sur le papier, réunir tous les Star Trek ressemble à une évidence. Dans les comptes d’un studio, c’est une autre histoire.

Star Trek: Nemesis traînait déjà une mauvaise réputation critique, et surtout un résultat commercial très faible. Le film reste le moins performant de la saga au box-office. Derrière, essayer de vendre un blockbuster encore plus ambitieux, donc plus cher, relevait presque de la mission impossible. Pas de quoi paniquer pour les fans, mais pour un studio, si.

Paramount a dit non, malgré John Logan

Le plus intéressant, c’est que le projet n’était pas porté par des inconnus. John Logan avait déjà signé Gladiator, futur Oscar du meilleur film, et il deviendra ensuite un nom solide de la période James Bond, jusqu’à Skyfall.

Malgré ça, Paramount n’a pas suivi. Spiner résumait la chose sans détour, les réunions ont eu lieu, puis le studio a simplement répondu « Non, nous ne voulons pas faire ça ». Il défendait quand même Logan, estimant qu’il avait fait un très bon travail sur Nemesis et allant jusqu’à le décrire comme l’un des meilleurs scénaristes d’Hollywood.

La franchise a pris une autre route

Au lieu de ce film chorale, Paramount a choisi le reboot. Ce sera le Star Trek de J.J. Abrams en 2009, puis ses suites. Un choix moins risqué, plus lisible, et franchement plus facile à vendre.

Et Brent Spiner, lui, avait juré qu’il ne rejouerait plus Data. Il a fini par changer d’avis avec Star Trek: Picard, dont la saison 3 a servi de grande réunion pour The Next Generation. Le vrai sujet, au fond, il est là. Dans les franchises, les idées les plus excitantes ne gagnent pas toujours. Ce sont souvent les trajectoires industrielles les plus sûres qui l’emportent.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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