En bref
- Le BNPL s’ancre dans les usages
- Trois modèles dominent le marché
- La régulation se durcit en 2026
Le BNPL gagne du terrain en France, mais il entre aussi dans une zone beaucoup plus encadrée. C’est le contraste du moment. D’un côté, le paiement fractionné s’installe dans les habitudes. De l’autre, la future règle du jeu, déjà actée, va obliger le secteur à se comporter davantage comme du crédit à la consommation. (Floa* propose un outil de simulation crédit)
Un usage installé, mais pas tout à fait uniforme
Les chiffres ne racontent pas tous la même chose, et c’est justement ce qui dit quelque chose du marché. Stripe avançait que 42 % des consommateurs français avaient déjà utilisé cette option en 2023. L’étude Kantar x Floa 2024 parle, elle, de 66 % des Français en 2024. YouGov, de son côté, mesure 13 % des adultes ayant déjà réalisé quelques achats en Buy Now, Pay Later en 2026, contre 12 % en 2024. Ce qui ressort, malgré ces écarts, est assez net, le BNPL ne se limite plus aux jeunes acheteurs ni à la mode. L’adoption s’élargit, y compris chez des publics plus âgés, avec un usage plus réfléchi et plus budgétaire.
Pourquoi le paiement fractionné séduit autant
Le mécanisme reste simple. Un client achète, un commerçant vend, un fournisseur tiers finance l’opération et verse tout de suite le montant au vendeur, en prenant au passage une commission et le risque d’impayé. Ensuite, ce prestataire récupère les échéances auprès du client après un scoring fondé sur l’identité, l’historique de transactions ou l’open banking. Sur le marché français, trois formats dominent. Le plus courant, c’est le paiement en 3 ou 4 fois sans frais. Vient ensuite le paiement différé, souvent sous 15 à 30 jours. Et pour les paniers plus lourds, on trouve le paiement échelonné sur plusieurs mois, parfois jusqu’à 36 mois, avec des contrôles plus stricts.
Des achats plus engagés, du e-commerce au B2B
Le plus intéressant, c’est le déplacement des usages. Le BNPL finance désormais de l’électroménager, de l’électronique, des vacances. Selon Kantar x Floa, l’électroménager et la high-tech pèsent chacun 47 % des transactions BNPL en 2025, devant les voyages à 32 %, puis la maison à 23 %, la mobilité à 22 % et la mode à 15 %. Et le modèle ne reste plus cantonné au web. Il arrive aussi en magasin via terminal compatible ou QR code, pendant que le B2B s’ouvre avec d’autres acteurs, sur des délais allant de 30 à 180 jours ou en 3 à 6 mensualités.
Le vrai tournant arrive en novembre 2026
C’est là que ça se joue. La directive européenne 2023/2225, transposée en droit français par l’ordonnance du 3 septembre 2025, s’appliquera à partir du 20 novembre 2026. Une grande partie des paiements fractionnés et différés entrera alors dans le cadre du crédit conso. Concrètement, les acteurs devront afficher le coût total, détailler l’échéancier, accorder 14 jours de rétractation et mener une analyse de solvabilité proportionnée. L’OIB recommande aussi de consulter le FICP. Ce durcissement répond à un risque réel, en 2024, 17 % des dossiers de surendettement impliquaient un BNPL ou un mini-crédit. Resteront hors de ce régime certains paiements différés directs du commerçant, si tout est remboursé sous 50 jours, sans intérêts et sans tiers prêteur.
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