En bref
- La fin hésite entre mort et happy end
- Maverick sauve Rooster et se rachète
- Le film protège finalement son héros
La fin de Top Gun: Maverick marche sur une ligne assez claire. Soit Maverick trouve enfin une vraie conclusion, soit le film refuse de toucher à son mythe. Et c’est là que ça devient intéressant.
Une mission pensée comme un couloir de la mort
Le scénario construit d’abord un cadre très simple. Une cible liée à du matériel nucléaire est cachée dans un bunker encaissé au fond d’une zone montagneuse, dans un pays jamais nommé. Les pilotes doivent voler au ras du sol pour éviter les radars, franchir une crête, plonger dans le cratère, ouvrir la cible puis tirer un second missile à l’intérieur avant de remonter sous une charge en g énorme, le tout sous la menace des missiles ennemis.
On voit bien la référence implicite à une mission façon tranchée de Star Wars. Ce n’est pas très subtil, mais c’est efficace. Surtout, cette mission est dessinée comme un test terminal pour Maverick, pas juste comme un exercice de virtuosité.
Le seul vrai enjeu, sauver Rooster
La guerre, ici, reste volontairement floue. Le pays n’est pas identifié, l’ennemi non plus. Le vrai sujet est ailleurs, dans Rooster, joué par Miles Teller, fils du personnage de Goose dans le film de 1986.
C’est ce lien qui donne un sens à la fin. Quand Maverick détourne le danger sur lui pour sauver Rooster, il ne protège pas seulement un élève. Il tente d’effacer sa vieille culpabilité liée à la mort de Goose. En gros, il choisit enfin quelqu’un d’autre avant lui-même. Résultat ? Une vraie possibilité de rédemption.
La lecture la plus forte, Maverick meurt ici
À ce moment-là, le film tient sans doute sa meilleure fin. Maverick est abattu, vraisemblablement perdu derrière les lignes ennemies. Il accomplit la mission, sauve le fils de son ami disparu, et paie ce geste de sa propre vie.
Franchement, ça boucle parfaitement l’arc. Ou plutôt, ça lui en donne enfin un, parce que Maverick est justement un personnage qui change très peu. Depuis le début, le monde s’adapte à lui. Là, pour une fois, il perd quelque chose. Tout.
Puis le film recule et choisit le mythe
Mais Top Gun: Maverick n’ose pas aller jusqu’au bout. Rooster revient, désobéit, retrouve Maverick, et les deux tombent presque par hasard sur un vieux jet des années 1980 dans un hangar ennemi protégé. Ils le volent, décollent dans l’urgence, survivent à une nouvelle poursuite aérienne et rentrent au porte-avions.
C’est spectaculaire, clairement. C’est aussi la confirmation que Maverick reste intouchable, fidèle à lui-même, jusqu’au dernier plan avec Penny, jouée par Jennifer Connelly. On peut choisir d’y voir un vrai happy end, ou le fantasme final d’un héros mourant dans la neige après son crash. La seconde lecture est plus sombre, mais aussi plus riche. Et elle dit quelque chose d’assez juste sur le cinéma de franchise actuel, fasciné par ses icônes, incapable de vraiment les laisser partir.