En bref
- Matchbox est numéro 1 sur Apple TV
- Le film n’a que 25% côté critiques
- Le streaming ignore souvent les mauvaises notes
Un film à 25% chez les critiques, et pourtant numéro 1 sur Apple TV. Voilà le vrai sujet autour de Matchbox: The Movie, plus encore que son statut de film tiré d’un jouet Mattel.
Un numéro 1 qui dit beaucoup du streaming
Depuis quelque temps, les plateformes installent une drôle de logique. Des films mal reçus, parfois autant par la presse que par le public, montent quand même tout en haut des classements. En salle, ils auraient sans doute eu plus de mal. En streaming, une grande affiche bien placée sur la page d’accueil peut suffire.
C’est exactement ce qui arrive à Matchbox. Annoncé après toute une salve de projets adaptés de jouets, le film avait d’abord suscité pas mal de haussements d’épaules. Mais une fois disponible, il s’est retrouvé directement dans les listes de lecture de nombreux abonnés. Et visiblement, tout le monde n’en est pas ressorti convaincu.
Le jouet est surtout un prétexte
Sur le papier, l’idée rappelle davantage un gros film d’action qu’un vrai long-métrage pensé autour de l’univers Matchbox. L’histoire suit un groupe d’amis de collège passionnés de petites voitures, surnommés la Matchbox Gang. Devenus adultes, ils construisent des véhicules qui ressemblent largement à ceux de leur enfance.
Quand le personnage de John Cena, ancien chef du groupe, revient en ville comme agent de la CIA compromis, tout bascule. La bande se retrouve embarquée dans une course autour du monde pour empêcher une catastrophe liée à une ogive nucléaire disparue.
Bref, la marque sert surtout d’emballage. Le lien entre le jouet et le récit semble forcé, là où on pouvait espérer un peu mieux qu’un simple film d’action rebaptisé.
Un casting solide, un accueil beaucoup moins net
Le plus frappant, c’est l’écart entre les noms à l’écran et le résultat perçu. Autour de John Cena, on retrouve Jessica Biel, Danai Gurira, Sam Richardson, Teyonah Parris et Corey Stoll. À la réalisation, Sam Hargrave, déjà derrière les films Extraction, connaît pourtant bien l’action qui avance vite et fort.
Mais les retours restent rudes. Sur Rotten Tomatoes, le film n’affiche que 25% côté critiques, et 55% côté public au moment évoqué. Plusieurs avis le décrivent comme un ersatz de Fast et Furious, sans vraie personnalité. D’autres se montrent un peu plus indulgents et y voient un divertissement de canapé, absurde mais assumé.
Ce que ce succès raconte, au-delà du film
Le contraste avec Barbie saute aux yeux. Là où le film de Greta Gerwig transformait une marque en proposition de cinéma, Matchbox semble faire l’inverse, utiliser un nom connu pour habiller une recette déjà vue.
Et pourtant, ça marche. Pas forcément comme œuvre, mais comme contenu de plateforme. Vous cliquez parce que l’affiche promet de la tôle froissée, des cascades et une dose de nostalgie. Le signal pour l’industrie est limpide, un mauvais bouche-à-oreille ne bloque pas toujours l’audience en streaming. À moyen terme, c’est peut-être ça le plus intéressant, et aussi le plus inquiétant.