Kit Harington impressionne vraiment loin de Jon Snow dans Industry

Avec la saison 4 d’Industry, Kit Harington montre une intensité bien plus large que chez Jon Snow, dans un rôle enfin imprévisible et risqué.

Industry
Image d'illustration. Industry — HBO / PR-ADN

En bref

  • Kit Harington brille dans la saison 4
  • Industry lui offre un rôle bien plus large
  • Un épisode clé fait décoller sa performance

On pensait connaître Kit Harington. Et puis Industry arrive, et l’image se fissure d’un coup.

Pendant des années, l’acteur britannique a traîné l’ombre immense de Jon Snow, ce héros sombre, raide, presque enfermé dans ses silences. C’était efficace, bien sûr, mais limité. Dans la saison 4 de Industry, il joue tout autre chose. Et là, clairement, on voit enfin une palette de jeu que Game of Thrones ne laissait qu’entrevoir.

Un rôle qui casse l’image Jon Snow

Dans la série de HBO, Kit Harington incarne Sir Henry Muck, patron fantasque de Lumi, une start-up verte. Le personnage est arrivé en saison 3, mais la saison 4 lui donne une autre épaisseur. Il ne s’agit plus seulement d’un dirigeant excentrique au milieu de requins de la finance. Il devient le centre d’un chaos familial et conjugal beaucoup plus intime.

Résultat ? Un rôle moins héroïque, moins figé, plus sale aussi. Ça lui va très bien.

Industry lui offre un terrain de jeu bien plus brutal

Ce n’est pas un hasard si cette mue se produit dans Industry. Imaginée par les ex-financiers Mickey Down et Konrad Kay, la série vit de ses rapports de force, de son cynisme, de son appétit pour les personnages qui se dévorent entre eux. Dans cet univers, Sir Henry Muck n’a pas besoin d’être aimé. Il doit tenir, mentir, provoquer, vaciller.

Bon, c’est précisément là que Harington surprend. Là où Jon Snow restait dans la retenue, Henry explose. Le contraste saute aux yeux.

L’épisode qui fait basculer la performance

Le moment qui marque vraiment arrive avec le deuxième épisode, The Commander and the Grey Lady. L’action se déplace dans le manoir austère des Muck, pour une fête démesurée organisée par Yasmin Kara-Hanani, jouée par Marisa Abela, à l’occasion des 40 ans d’Henry. Un âge qui compte, puisque son père s’est suicidé au même moment de sa vie.

Tout se resserre ensuite. Le huis clos devient étouffant, la nuit déraille, le Commandant, incarné par Jack Farthing, surgit comme une présence trouble, entre hallucination et fantôme paternel. Et surtout, la dispute entre Yasmin et Henry, filmée d’un seul souffle, met à nu un mariage stratégique bien plus qu’un lien amoureux.

Puis vient l’aube, avec ce mélange d’agressivité contenue et de réconciliation charnelle. Une séquence assez sèche, assez cruelle, mais très bien tenue.

Une saison 4 qui remet Harington au centre

Porté par une distribution très solide, avec une Marisa Abela excellente face à lui, Kit Harington livre peut-être ici sa prestation la plus forte. Pas parce qu’il fait plus, mais parce qu’il fait plus juste. Plus instable. Plus imprévisible.

Pour ceux qui le réduisaient encore au Trône de fer, cette saison 4 change la donne. Et pas qu’un peu.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi ce rôle change autant l’image de Kit Harington ?

Parce qu’il l’éloigne d’un personnage construit sur la retenue. Avec Sir Henry Muck, il peut jouer la nervosité, l’ambiguïté, la fragilité et l’excès dans le même mouvement. On ne regarde plus une icône de fantasy, on regarde un acteur en train de prendre des risques.

Faut-il avoir vu les saisons précédentes d’Industry pour suivre ?

L’article insiste surtout sur la place prise par Henry à partir de la saison 3 puis dans la saison 4. Vous comprendrez donc mieux son poids dans l’histoire en connaissant déjà la série, mais ce qui ressort ici, c’est surtout la puissance immédiate de son arc personnel et conjugal.

Qu’est-ce que l’épisode The Commander and the Grey Lady apporte de plus ?

Il concentre tout ce qui fait la force de cette performance. Le décor familial, la date symbolique des 40 ans, la figure du père mort et la dispute avec Yasmin poussent le personnage dans ses contradictions les plus visibles. C’est là que le vernis social saute.

Pourquoi la présence de Marisa Abela compte autant ?

Parce qu’une grande performance tient aussi à l’adversaire en face. La tension entre Yasmin et Henry fonctionne justement parce que Marisa Abela tient le choc, impose sa présence et donne du relief à cette relation d’intérêt, de domination et de dépendance.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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