Jurassic World Dominion a fermé une ère, mais pas le problème de fond

Image d'illustration. Jurassic WorldUniversal Pictures / PR-ADN
Sorti il y a quatre ans, Jurassic World Dominion a tourné une page pour la saga. Le souci, lui, reste entier : Jurassic peine toujours à raconter mieux.
En bref
- Dominion a clos deux générations de Jurassic
- La saga rapporte toujours, mais convainc moins
- Universal prépare la suite avec prudence
Quatre ans après sa sortie, Jurassic World Dominion ressemble à un point final partiel. Pas pour les dinos, ils reviennent toujours. Pour une certaine idée de la saga, si.
Une fin de cycle très nette
Avec Dominion, Chris Pratt et Bryce Dallas Howard bouclaient leur trilogie en tant qu’Owen et Claire. Mais le film allait plus loin. Il réunissait aussi Sam Neill, Jeff Goldblum et Laura Dern, autrement dit Grant, Malcolm et Ellie Sattler, le cœur humain du Jurassic Park de 1993.
Ce casting croisé avait quelque chose d’évident, et d’un peu terminal. On sentait que la franchise poussait tous ses jetons sur la nostalgie. Et il y a de bonnes chances que Dominion soit la dernière fois où ce trio historique occupe des rôles centraux dans un nouveau film Jurassic.
Le vrai souci n’a jamais été les dinos
Sur le papier, la période Jurassic World est un carton. Les trois premiers films ont dépassé le milliard au box-office mondial. Le problème est ailleurs, dans ce que la saga raconte quand elle ne montre pas des bestioles géantes casser des décors.
Les critiques se sont d’ailleurs durcies à chaque épisode. Jurassic World plafonne à 72 % sur Rotten Tomatoes, Fallen Kingdom tombe à 47 %, et Dominion à 28 %. À force d’ajouter du clonage humain, puis une intrigue autour d’invasions de criquets, la série s’est éloignée de ce qui faisait tenir le premier film, un récit simple, lisible, avec un vrai fond de fable techno.
Même les nouveaux héros n’ont jamais vraiment pris. Owen et Claire font le travail pour un blockbuster d’été, mais sans l’épaisseur qui faisait rester Grant ou Malcolm en tête. Le retour, même bref, de Jeff Goldblum dans Fallen Kingdom disait déjà pas mal de choses.
Rebirth relance la machine, pas la formule
L’an dernier, Universal a donc tenté autre chose avec Jurassic World Rebirth. Nouveau groupe humain, gros noms devant la caméra, Scarlett Johansson, Mahershala Ali et Jonathan Bailey, plus Gareth Edwards à la réalisation. Franchement, le package avait de l’allure.
Mais le résultat reste familier. Le film affiche 50 % sur Rotten Tomatoes, mieux que Dominion, sans devenir un chouchou critique. Les réserves reviennent encore, intrigue mince, personnages peu marquants, malgré des séquences d’action solides et ce sens de l’échelle que Edwards maîtrise très bien. Côté recettes, Rebirth a rapporté environ 761 millions d’euros (869,1 millions de dollars). Rentable, oui. Sous le milliard, aussi.
Universal temporise, et ce n’est pas absurde
Quelques mois après, des informations évoquaient une suite en développement, toujours avec Johansson, Ali et Bailey. Rien d’officiel depuis. Du coup, Universal semble avancer doucement.
Ce n’est sans doute pas une mauvaise idée. La franchise gagne presque toujours de l’argent, mais elle cherche encore une histoire à la hauteur de sa marque. Et si Fast et Furious s’arrête bien après Fast Forever en 2028, le studio aura besoin d’un autre pilier. Jurassic a le profil. Reste à voir si la prochaine ère saura offrir mieux qu’une suite de beaux morceaux de bravoure.