En bref
- Cinq séries récentes prolongent l’esprit Fox Kids
- Super-héros, chaos comique et vieux cartoons reviennent
- Le vrai enjeu, c’est l’héritage plus que la nostalgie
Ce qui faisait Fox Kids n’a pas disparu. Ça a juste changé d’adresse.
Dans les années 1990 et jusqu’au début des années 2000, le bloc jeunesse de Fox a imposé une idée très claire de l’animation télé, plus nerveuse, plus bizarre, parfois un peu plus mordante que The Disney Afternoon. Des super-héros, des séries barrées, des clins d’œil aux adultes et un vrai goût pour l’action feuilletonnante. Si vous cherchez aujourd’hui cette sensation-là, elle existe encore.
L’ADN Fox Kids n’a jamais vraiment quitté l’animation
Le point commun de ces séries récentes, ce n’est pas seulement la nostalgie. C’est une façon de mélanger les tons. Animaniacs, Tiny Toon Adventures, The Tick, Spider-Man: The Animated Series ou X-Men: The Animated Series vivaient déjà sur ce fil, entre humour, références pop et vraie ambition narrative.
Aujourd’hui, cette grammaire est toujours là, mais dispersée entre plateformes et chaînes. Résultat, on ne la voit plus comme un bloc cohérent. Et pourtant, elle saute aux yeux dès qu’on assemble les bonnes séries.
Quand des univers improbables deviennent des dessins animés
L’une des signatures de l’époque, c’était cette manie assez folle d’adapter en animation des films pensés pour un public plus âgé. Gremlins: Secret of the Mogwai, sur HBO Max, reprend exactement ce principe. La série vise plus jeune que les films, déroule une histoire continue, fait se croiser les Mogwai, les Gremlins et des éléments de mythologie chinoise, sur 20 épisodes. Et l’accueil critique a été bon, aussi bien chez les enfants que chez les adultes.
Dans un autre registre, The Cuphead Show! sur Netflix renoue avec l’amour de Fox Kids pour l’animation américaine classique. Comme le jeu, la série puise dans l’esthétique des cartoons des années 1930, en particulier ceux de Max Fleischer. Ses trois saisons ont ce charme très précis, un peu rétro, jamais figé.
Le versant plus adulte de la formule
Pour ceux qui ont grandi, il y a aussi une suite logique. Invincible, sur Prime Video, ressemble à ce qu’aurait pu devenir un grand dessin animé de super-héros des années 1990 s’il avait été laissé sans bride. Adaptée des comics de Image Comics, la série suit Mark Grayson, adolescent en train de devenir héros, et fils d’Omni-Man, le plus puissant d’entre eux. Sauf que sa vie héroïque déraille vite. Plus adulte, clairement, mais dans la même lignée.
Et puis il y a X-Men ’97 sur Disney+. Là, le lien est frontal. La série reprend là où X-Men: The Animated Series s’arrêtait, avec les mêmes mutants face à l’oppression humaine, les mêmes thèmes complexes, les mêmes personnages immédiatement identifiables. Un peu plus mature, oui, mais très fidèle à l’esprit et à l’amour du matériau d’origine signé Marvel Comics.
Le chaos cartoonesque, version 2010 et après
S’il fallait garder une seule série pour retrouver le côté anarchique de Fox Kids, ce serait sans doute The Amazing World of Gumball sur Cartoon Network. Gumball, chat bleu, et Darwin, son frère poisson adopté, enchaînent les aventures absurdes à Elmore, où tout peut arriver.
La série tourne depuis 2011 et son retour, The Wonderfully Weird World of Gumball, montre une chose assez simple. L’animation qui marquait les après-midis télé des années 1990 ne survit pas comme relique. Elle continue, autrement, et c’est sans doute ça le plus intéressant.