En bref
- Snap crée Dotmo, un spin-off dédié à l’IA générative pour le jeu interactif, afin d’isoler une activité coûteuse tout en conservant une participation.
- La nouvelle structure restera liée à Snap via une licence technologique et une équipe issue de l’entreprise, mais fonctionnera de façon plus autonome.
- Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large de recentrage et de réduction des coûts, après d’autres spin-offs et des licenciements récents.
Le vrai sujet, c’est l’argent. Snap va sortir de ses équipes internes un groupe dédié à la vidéo générative pour créer une société à part, Dotmo, et l’explication donnée est limpide, le travail coûtait trop cher à mener en interne.
L’IA reste, la facture sort du bilan
Dotmo va se concentrer sur des modèles IA capables de produire des expériences de jeu interactives. Ce n’est pas un petit labo annexe, ni un projet mis au placard. C’est un vrai spin-off, pensé pour sortir une activité coûteuse du périmètre direct de Snap, tout en gardant une exposition si ça décolle. Vu le prix de ces chantiers, la logique se tient quand même.
En échange du transfert de talents et de la licence technologique, Snap récupérera une grosse participation au capital de Dotmo. Donc oui, la boîte coupe une partie de la charge immédiate, mais elle garde un ticket sur un éventuel jackpot. Résultat, moins de poids aujourd’hui, potentiellement du retour demain.
Dotmo ne part pas vraiment seul
Séparée sur le papier, la nouvelle structure restera très liée à Snap. D’abord parce que Snap lui accorde une licence pour adapter sa technologie aux plateformes de gaming et de divertissement interactif.
Et puis l’équipe de départ de Dotmo sera formée d’actuels salariés de Snap qui quittent l’entreprise pour lancer l’aventure. Ce n’est donc pas une rupture nette. Plutôt une excroissance, avec assez d’autonomie pour avancer ailleurs, sur des expériences numériques qui ne font pas partie des priorités cœur de business de Snap. La porte reste d’ailleurs ouverte à un partenariat plus tard si l’alignement est bon.
Bobby Murphy met au pot, sans quitter Snap
Autre détail important, Dotmo ne sera pas financée directement par Snap. En revanche, Bobby Murphy, le directeur technique de Snap, sera l’investisseur principal à titre personnel et prendra une part significative dans la société.
Mais il ne change pas de job. Bobby Murphy reste CTO de Snap à plein temps et continue de piloter les efforts de recherche et développement en GenAI. Bref, l’entreprise évite d’alourdir sa structure, tout en gardant son homme-clé au centre du jeu.
Un deuxième spin-off dans une année déjà tendue
Ce mouvement n’arrive pas dans le vide. Plus tôt en 2026, Snap avait déjà isolé Specs dans une autre société, cette fois pour se concentrer sur ses lunettes connectées. Sauf que la récente présentation de Specs n’a pas vraiment rassuré, avec un tarif jugé très lourd, environ 1900 euros, et un titre boursier qui a décroché après ça.
Ajoutez à ça une vague de licenciements cette année, avec environ 1000 postes supprimés, et le tableau devient plus net. Les spin-offs peuvent servir à plein de choses, attirer des investisseurs, donner de la flexibilité, mieux exposer un actif. Ici, pour Snap, ça ressemble surtout à une manière de respirer sur les coûts sans lâcher complètement la partie.