En bref
- Deux robots humanoïdes ont aidé lors de chirurgies.
- Les essais visent aussi la pénurie médicale.
- La technique marche, mais pas encore parfaitement.
La vraie info, ce n’est pas juste que des robots humanoïdes ont mis un pied au bloc. C’est qu’ils arrivent au moment où le système de santé manque déjà de bras. Une étude 2025 de l’American College of Surgeons, appuyée sur des données de l’Association of American Medical Colleges, indique que 21 États américains n’ont pas assez de chirurgiens généralistes. Et la projection pour 2036 parle d’un déficit allant de 13.500 à 86.000 médecins. Là, on n’est plus dans la science-fiction de salon.
La pénurie donne soudain du sens à l’essai
Vu comme ça, l’expérience menée par l’University of California San Diego prend une autre couleur. Si les hôpitaux peinent déjà à couvrir les besoins, tout outil capable d’étendre l’accès aux opérations critiques devient intéressant. Pas magique, pas miracle. Mais intéressant, clairement.
Deux opérations, deux scénarios très différents
L’équipe d’ingénieurs et de chirurgiens a réalisé deux chirurgies expérimentales. Dans la première, un chirurgien humain et un robot humanoïde ont retiré une vésicule biliaire. Dans la seconde, ce sont deux robots humanoïdes qui ont travaillé ensemble sur une ablation laparoscopique de la vésicule biliaire.
Ces opérations servaient de preuve de concept et ont été effectuées en sécurité sur des mammifères non primates. Dit autrement, on n’est pas encore sur des patients humains, mais on a déjà dépassé la simple démonstration technique sur table. C’est une nuance qui compte.
Pourquoi les chercheurs y croient malgré les ratés ?
Un article de recherche mis en ligne dans Nature présente ces essais comme un cap important pour la façon dont les chirurgies pourraient évoluer. Michael Yip, auteur de l’étude et membre du département de génie électrique et informatique de l’University of San Diego, résume l’idée ainsi : « Cette étude montre que les robots humanoïdes ont un avenir viable dans le domaine de la chirurgie ».
Il ajoute que des robots humanoïdes, téléopérés ou autonomes, pourraient élargir l’accès à des opérations essentielles pour des patients qui en sont aujourd’hui privés, aux États-Unis comme ailleurs. Les chercheurs mettent aussi en avant leur coût de production, leur déploiement plus simple dans des zones éloignées et leur polyvalence sur différentes tâches.
Mais tout n’a pas été propre. Les deux robots ont dû être recalibrés plusieurs fois, ce qui a allongé les procédures. Bref, ça marche, mais ça tousse encore un peu.
Le bloc opératoire robotisé a une vraie histoire
Ce moment n’arrive pas de nulle part. En 1983, Anthrobot a assisté des chirurgiens lors d’une arthroscopie du genou. En 1985, le système robotisé PUMA 560 a participé à une biopsie cérébrale guidée par scanner. Puis en 1992, ROBODOC est devenu le premier système robotique à opérer un humain, en préparant un fémur pour une prothèse de hanche.
La nouveauté, ici, c’est la forme humanoïde, capable de travailler aux côtés des médecins, voire en binôme robot-robot. Et avec les progrès de l’IA, on voit déjà où l’industrie veut aller.
Le Japon n’est pas seul à pousser les humanoïdes
Pendant ce temps, le Japon prévoit de créer et déployer environ 10 millions de robots humanoïdes d’ici 2040, avec une intégration envisagée dans 18 secteurs pour compenser les pénuries de main-d’œuvre. La Chine, la Corée du Sud, Singapour et d’autres pays investissent aussi dans cette piste.
La médecine pourrait donc être l’un des premiers terrains où cette bascule devient concrète. Et si la technique se stabilise, ce test californien pourrait passer, dans quelques années, pour le moment où tout a vraiment commencé.