En bref
- Debris a été annulée après 13 épisodes
- Son concept SF restait pourtant très solide
- La série s’achève sur un vrai cliffhanger
Une saison. Treize épisodes. Pour une série comme Debris, c’est peu, et c’est même le vrai sujet. Diffusée en 2021 sur NBC, elle a été stoppée avant de pouvoir développer sa mythologie, alors qu’elle donnait l’impression d’avoir enfin trouvé le bon équilibre entre enquête, horreur et SF cérébrale.
Une annulation qui a figé la promesse
Le plus frustrant, c’est que Debris ne se contente pas de s’arrêter tôt. Elle se termine sur un cliffhanger clairement pensé pour lancer une saison 2. Résultat, on reste avec une série qui a eu le temps de créer une petite base de fidèles, sans pouvoir aller au bout de ce qu’elle préparait.
Et il y avait de quoi s’accrocher. La série suivait une logique feuilletonnante, mais gardait aussi un format assez lisible, presque une enquête par semaine. Un choix malin, parce qu’il permettait d’avancer sur le grand mystère sans noyer le spectateur tout de suite.
Des morceaux aliens, et une idée de départ vraiment solide
Six mois avant le début de l’histoire, un immense vaisseau alien explose en orbite. Ses fragments tombent sur Terre, avec des propriétés inconnues, parfois physiques, parfois psychiques, presque magiques. Dans le pilote, l’un de ces débris fait apparaître le fils mort d’une femme à Wichita. L’apparition ne disparaît qu’au moment où elle affronte enfin son deuil.
Sur le terrain, on suit Bryan, agent de la CIA joué par Jonathan Tucker, et Finola, venue du MI6 et incarnée par Riann Steele. Leur mission, récupérer ces morceaux pour les stocker dans des installations gouvernementales sécurisées.
Entre X-Files et horreur, le vrai carburant de la série
Là où beaucoup attendaient un simple clone de Lost, Debris allait plutôt du côté de X-Files. Avec une noirceur assez marquée, parfois même une vraie veine horrifique. Un homme tué par un fragment revient sous forme de doubles amnésiques, chacun programmé pour assassiner le précédent. Ailleurs, des portails vers d’autres dimensions s’ouvrent puis se referment au hasard. Plus loin encore, une zone du Midwest se remplit de chlore et transforme des fermiers pour qu’ils puissent le respirer. Il y a même un débris qui semble rajeunir ceux qui l’approchent.
Bref, la série avait des idées. Pas mal.
Influx, le grand mystère, et ce qui manquera toujours
En parallèle, Influx, un groupe clandestin extrémiste, collecte lui aussi ces fragments. La figure la plus visible est Anson Ash, joué par Scroobius Pip. Leur objectif paraît lié à la manipulation mentale, notamment autour d’un morceau présenté comme un game-changer. Dans le dernier épisode, on découvre qu’il peut effacer des souvenirs et maintenir des gens en transe.
Le problème, c’est qu’on n’obtient presque rien sur la nature réelle du vaisseau d’origine. On sent une direction. Mais la série s’arrête avant la récompense.
Pourquoi ça n’a pas vraiment percé
Créée par J.H. Wyman, déjà passé par Fringe et à l’origine de Almost Human, avec un pilote mis en scène par Brad Anderson, Debris partait pourtant avec un pedigree sérieux. L’accueil critique a globalement été bon, même si un reproche revenait souvent, Bryan et Finola étaient jugés trop austères, sans la dynamique mémorable d’un duo comme Scully et Mulder.
Brian Tallerico, pour RogerEbert.com, résumait assez bien le souci, la série arrivait après des années de mauvais héritiers de Lost. Il écrivait même « Il y a vingt ans, Debris aurait semblé neuve. Il y a dix ans, elle aurait davantage ressemblé à une copie de Lost ou de Fringe. Aujourd’hui, elle doit lutter dans un paysage saturé ». C’est dur, mais juste. Et c’est aussi ce qui rend son échec intéressant, une bonne idée ne suffit plus, surtout en science-fiction télé, si elle arrive après l’usure du format.