En bref
- Quentin Tarantino n’a pas voulu réaliser ce script
- Il n’a fait confiance qu’à David Fincher
- Le contrat Netflix de Fincher a tout décidé
Parfois, un film change de maison pour une raison toute simple. Ici, ni surenchère, ni guerre de studios. Quentin Tarantino a écrit un script centré sur Cliff Booth, mais il ne voulait plus le mettre en scène. Et il n’avait qu’un seul nom en tête pour prendre le relais, David Fincher. Problème pour Sony, le réalisateur a un accord exclusif avec Netflix.
Une affaire de confiance, pas de catalogue
C’est Tom Rothman, patron de Sony Motion Pictures Group, qui l’a expliqué à Variety. Selon lui, Tarantino avait bien livré un scénario, mais ne souhaitait plus le réaliser à ce stade. Il n’accordait sa confiance qu’à Fincher, et comme Fincher travaille avec Netflix, l’issue était presque écrite d’avance.
Rothman a aussi insisté sur le fait que Sony aurait adoré produire le film, en rappelant l’excellente relation entre le studio et Tarantino, ainsi que l’expérience très positive autour de Once Upon a Time… in Hollywood. Résultat ? Le projet a quand même glissé ailleurs.
Sony pensait tenir une relation sur la durée
On comprend la frustration du studio. Once Upon a Time… in Hollywood a rapporté près de 393 millions de dollars dans le monde, soit environ 338 millions d’euros, et a offert à Brad Pitt son premier Oscar d’interprétation. Après ça, Sony avait de bonnes raisons de croire à une suite de collaboration.
D’autant que le studio ne sortait pas de nulle part avec Tarantino. Après avoir remporté la bataille pour distribuer Once Upon a Time… in Hollywood, il développait déjà The Movie Critic, présenté un temps comme le prochain long métrage du cinéaste. Puis Tarantino a laissé tomber, estimant que le projet recouvrait trop le même terrain créatif que son film précédent. Le long métrage autour de Cliff Booth ressemblait donc à une seconde chance. Elle s’est envolée.
Cliff Booth a encore beaucoup à raconter
Ce futur film, intitulé The Adventures of Cliff Booth, racontera une histoire inédite. Mais il arrive avec un avantage rare, le personnage a déjà été épaissi bien au-delà du film original.
Dans la novelisation de Once Upon a Time… in Hollywood, Tarantino a développé le passé de Booth avec une quantité de détails et de récits absents de la version cinéma. En gros, il y a de la matière. Pas mal de matière, même. De quoi nourrir un film sans donner l’impression d’essorer un succès passé.
Ce que ce transfert raconte du Hollywood actuel
Le plus intéressant est peut-être là. À l’heure des franchises verrouillées, des fusions géantes et des plateformes qui captent les talents, ce dossier s’est joué sur une relation créative très précise. Tarantino, connu pour protéger férocement ses films et ses personnages, a accepté de confier Cliff Booth à un autre réalisateur. Mais à un seul.
Et ce seul réalisateur, c’était Fincher. Pour le public, la combinaison reste assez folle, Brad Pitt en tête d’affiche, un script signé Tarantino, une mise en scène de Fincher, le tout chez Netflix et avec une sortie prévue en IMAX. Le logo au début du film compte, bien sûr. Mais ce genre d’alignement dit surtout autre chose, dans le Hollywood qui arrive, les grands accords industriels pèsent lourd, sauf quand une confiance personnelle pèse encore plus.