En bref
- Peter Safran admet une confiance brisée chez DC
- Superman et Supergirl lancent la nouvelle direction
- Man of Tomorrow pourrait servir de juge final
La vraie bataille de DC Studios n’est peut-être pas contre Marvel. Elle est contre son propre passé. Peter Safran, qui dirige le studio avec James Gunn, l’a reconnu sans trop tourner autour du pot, DC a perdu la confiance du public au fil des années, et il veut la reconstruire.
Le problème de DC n’est plus un secret
Ce constat, les fans le traînent depuis un moment. Ce qui bloque, ce n’est pas seulement un film raté ou une mauvaise scène d’action. C’est une impression plus large, celle d’un univers qui a trop souvent manipulé ses personnages de façon incohérente, comme un assemblage de tics et de tropes plutôt qu’une ligne claire. Résultat, même quand un film accroche, le doute reste.
Dans son échange avec BBC Newsbeat, Safran a dit vouloir rebâtir cette relation avec le public. Et c’est sans doute le point le plus important de sa prise de parole. Un studio peut promettre des plans sur dix ans, mais sans confiance, tout sonne un peu creux.
Une vision commune, enfin, ou presque
L’idée défendue par Safran et Gunn, c’est de rassembler les histoires de DC sous une seule vision créative. Sur le papier, c’est exactement ce qu’on attendait d’eux.
Les premiers jalons sont déjà là avec Superman et Supergirl. Le premier a marqué un changement de ton l’été dernier, avec un héros plus sincère encore dans son rapport à la justice. Le second joue un contrepoint plus rugueux à travers Kara Zor-El, héroïne bien plus réticente que Clark. Et Clayface arrive ensuite, ce qui permet au studio de commencer à élargir son terrain.
Safran assure aussi que l’équipe mesure la responsabilité qu’elle porte et se dit très satisfaite de la façon dont les choses avancent. Bon, ce genre de phrase reste institutionnel. Mais elle dit une chose simple, DC veut convaincre par la continuité, pas seulement par l’annonce.
La comparaison avec Marvel ne l’intéresse pas vraiment
On aurait pu s’attendre au duel habituel. Safran prend le contre-pied. Interrogé sur la rivalité permanente entre DC et Marvel, il a répondu « Ce qui unit les fans de comics est bien plus grand que ce qui nous divise ».
C’est une formule plutôt juste. Le public des super-héros navigue déjà entre les univers, les plateformes et les licences. La guerre de chapelles existe en ligne, bien sûr, mais elle ne suffit plus à définir la réception d’un film.
Le test n’a sans doute pas encore eu lieu
Rien n’est gagné pour autant. Les critiques sont restées partagées sur Supergirl, moins à cause de l’histoire ou du casting que de séquences d’action jugées décevantes. Et du coup, une partie du public croit un peu moins aujourd’hui au plan de James Gunn qu’après Superman.
Vous voyez le paradoxe, la nouvelle direction existe, mais son vrai verdict n’est probablement pas tombé. Beaucoup de fans regardent déjà vers Man of Tomorrow, attendu l’an prochain, comme le film qui dira si le redémarrage tient vraiment debout. Entre ceux qui pensent les dégâts irréparables et ceux qui demandent du temps à la nouvelle équipe, DC joue plus qu’un box-office. Il joue sa crédibilité à moyen terme.