En bref
- Uber déploie ChatGPT Work auprès de ses 30 000 salariés, après un premier test mené sur 1 000 employés.
- L’IA s’étend à plusieurs métiers, notamment la finance, les opérations et le produit, pour analyser des données et automatiser certaines tâches.
- OpenAI accélère dans le marché professionnel, renforçant sa position face à des concurrents comme Anthropic.
Ce déploiement dit quelque chose de très simple, et de assez brutal pour le marché. OpenAI ne joue plus seulement la carte du chatbot grand public, il avance vite sur le terrain des entreprises. Et quand Uber, mastodonte mondial, décide de mettre ChatGPT Work entre les mains de ses 30.000 salariés, ce n’est pas un test gadget.
Un test à petite échelle devenu bascule globale
Au départ, Uber avait lancé un pilote avec 1000 employés plus tôt dans l’année. L’essai a visiblement suffi, puisque le groupe passe maintenant à l’échelle supérieure, avec un déploiement à l’ensemble de ses équipes dans le monde.
ChatGPT Work, lancé en juillet par OpenAI, a été pensé pour les usages d’entreprise. Pas juste pour poser deux questions en réunion, bref. L’idée, c’est un agent IA que des équipes peuvent brancher sur différents flux de travail.
Pas réservé aux ingénieurs, loin de là
Le point intéressant, c’est que les premiers utilisateurs chez Uber n’étaient pas majoritairement des profils techniques. Selon Sumanth Sukumar, vice-président engineering du groupe, environ 80% des adopteurs initiaux étaient des non-ingénieurs.
Le pilote touchait plusieurs métiers, notamment la finance, les opérations et le produit. Les usages, eux, étaient assez concrets, analyse de données opérationnelles pour faire remonter des tendances et des recommandations, adaptation de supports de formation à différents marchés et langues, ou encore création de tableaux de bord interactifs personnalisés pour le boulot quotidien. Franchement, là on n’est plus dans la démo PowerPoint.
Chez Uber, l’usage reste encore en construction
Pour autant, Uber n’a pas encore verrouillé une méthode unique. Sumanth Sukumar explique que l’entreprise préfère mettre des outils IA puissants à disposition, puis laisser les équipes expérimenter.
Plus tôt cette année, le groupe avait aussi associé 30 ingénieurs IA à différentes équipes pendant deux semaines, avec un objectif simple, automatiser des morceaux clés de leur travail. Ces « pods IA », comme les appelle Uber, ont surtout servi à mesurer le potentiel quand l’expertise technique rencontre la connaissance très fine d’un métier.
Le groupe ne dit pas combien coûte cette généralisation. À la place, il compte suivre les usages réels, regarder quels workflows émergent et mesurer si cela aide les salariés à travailler plus efficacement. OpenAI a aussi travaillé de près avec Uber pour intégrer le chatbot.
Pourquoi ce move pèse aussi pour OpenAI ?
Derrière l’annonce, il y a évidemment la bataille du marché pro. OpenAI accélère fort sur l’IA en entreprise, pendant que Anthropic reste son rival le plus direct.
Longtemps perçu surtout comme une marque grand public grâce à ChatGPT, OpenAI s’est construit rapidement une base fidèle chez les clients business. Et ce genre d’accord avec Uber envoie un message limpide au reste du secteur. La guerre de l’IA se joue aussi dans les open spaces.