En bref
- Elon Musk souhaite fusionner Tesla et SpaceX, mais doit rester à l’écart des discussions menées par des comités indépendants.
- Aucun accord n’a été trouvé et le vote semble plus difficile chez Tesla que chez SpaceX, où Elon Musk détient la majorité des droits de vote.
- La fusion viserait à mutualiser les technologies d’IA, la robotique et les projets de puces et de centres de données pour accélérer le développement industriel des deux groupes.
Elon Musk pousse l’idée d’une fusion entre Tesla et SpaceX. Mais il ne peut même pas participer aux discussions. Résultat, les deux groupes ont chacun mis en place des comités spéciaux composés d’administrateurs indépendants, à la demande d’actionnaires.
Elon Musk veut le deal, sans pouvoir entrer dans la pièce
Pendant l’appel sur les résultats trimestriels de SpaceX, Elon Musk a expliqué qu’il était une partie en conflit d’intérêts. Donc hors du processus. Il a résumé la scène avec une formule assez parlante, en disant : « Comme je suis une partie en conflit d’intérêts, je ne peux pas vraiment participer aux discussions des comités spéciaux, donc c’est une sorte de drôle de danse kabuki où deux groupes de personnes parlent, et je ne peux pas être dans la conversation ».
Il soutient clairement le rapprochement, mais il a aussi calmé le jeu. Non, la fusion n’a rien d’automatique. Il a même insisté sur ce point en expliquant que penser que l’opération est certaine serait exagéré, tout en ajoutant qu’à ses yeux ce serait une bonne idée. Et, au bout du compte, il faudra l’appui des actionnaires. Là, on sort du fantasme de forum.
Deux conseils, des indépendants, et beaucoup de noms déjà connus
Chez Tesla, sept administrateurs sont considérés comme indépendants selon les standards du Nasdaq : Robyn Denholm, Ira Ehrenpreis, JB Straubel, Joe Gebbia, Jack Hartung, James Murdoch et Kathleen Wilson-Thompson. Musk et son frère Kimbal Musk, eux, ne le sont pas.
Une partie de ces administrateurs siège déjà dans les comités d’audit, de rémunération ou de gouvernance d’entreprise. Chez SpaceX, six administrateurs sont jugés indépendants : Ehrenpreis, Randy Glein, Donald Harrison, Steve Jurvetson, Luke Nosek et Roelef Botha. À côté, Antonio Gracias, Musk et la présidente et directrice des opérations Gwynne Shotwell siègent aussi au conseil sans statut d’indépendants.
Petit détail qui compte, Antonio Gracias, ancien membre du conseil de Tesla, dirige Valor Equity Partners, qui détient 3,4% de SpaceX. Sa société a aussi financé des achats de matériel IA de SpaceX via des opérations de leaseback. Disons que l’indépendance, ici, se regarde de très près.
Pourquoi le vote sera simple chez SpaceX et bien plus tendu chez Tesla ?
Pour l’instant, les comités spéciaux n’ont trouvé aucun accord sur les termes d’une transaction. C’est le point le plus concret du dossier.
Et le vrai verrou n’est pas le même des deux côtés. L’introduction en Bourse de SpaceX a renforcé l’emprise de Musk sur l’entreprise, avec plus de 50% des droits de vote. Obtenir un feu vert des actionnaires de SpaceX semble donc bien plus abordable. Chez Tesla, c’est une autre histoire : il faudrait 50% des voix de l’ensemble des actionnaires, pas seulement de ceux qui votent. Clairement, c’est là que le dossier peut se casser les dents.
L’argument industriel derrière ce mariage potentiel
Si Elon Musk défend cette union, ce n’est pas seulement pour la photo. Il estime qu’il y a beaucoup à gagner en réunissant les efforts des deux groupes sur le logiciel d’IA, la robotique, Starmind, le projet de centre de données orbital de SpaceX, et Terafab, leur projet commun de fabrication de puces.
Il a aussi parlé d’un contexte de « singularité de la Super Intelligence ». Formule très Elon Musk, forcément. Mais derrière le style, l’idée est limpide : cette fusion serait pensée comme un accélérateur industriel, pas comme un simple coup de com.