En bref
- Les États-Unis interdisent DeepSeek dans les agences fédérales civiles, invoquant des risques de sécurité et de transfert de données vers la Chine.
- DeepSeek peut collecter et stocker en Chine les conversations, fichiers, photos et données vocales transmis par les utilisateurs.
- Les particuliers ne sont pas concernés par cette interdiction, mais il est recommandé d’éviter de partager des informations sensibles et de vérifier les paramètres de confidentialité.
Vos discussions avec DeepSeek, vos fichiers, vos photos, parfois même votre voix, peuvent être traités et stockés en Chine. C’est le point qui rend la décision américaine bien plus intéressante qu’un simple bras de fer géopolitique.
Washington coupe le robinet dans ses agences
Mardi, le Department of Homeland Security a publié un avis clair. Les agences civiles fédérales américaines doivent retirer les produits DeepSeek de leurs systèmes, y compris certains services tiers qui reposent sur sa technologie. Et elles n’ont plus le droit d’en acheter à l’avenir.
Ce n’est pas une interdiction pour tout le pays. Les particuliers aux États-Unis peuvent toujours accéder au chatbot, et personne ne leur ordonne de désinstaller l’app. Détail important, l’ordre existe depuis juillet, mais il n’a été rendu public que cette semaine. Clairement, on parle d’une logique de précaution sur des environnements sensibles.
Le point qui coince, c’est la Chine
Le gouvernement américain avance plusieurs risques. D’abord, la possibilité que des informations sensibles soient transférées en Chine, où DeepSeek exploite ses serveurs. Ensuite, un usage potentiel pour collecter du renseignement sur des citoyens américains ou sur des agences fédérales. Le DHS évoque aussi d’éventuels malwares ou d’autres vulnérabilités de sécurité dans les modèles.
Ce sont des accusations lourdes, mais l’avis public ne dit pas que chaque utilisateur a été compromis. Bon, la nuance compte. Du côté de Pékin, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, accuse Washington d’utiliser la sécurité nationale pour politiser la tech et le commerce. DeepSeek, lui, n’avait pas répondu immédiatement à la demande de commentaire de l’Associated Press.
Ce que DeepSeek peut récupérer sur vous
Là, ça devient très concret. Selon la politique de confidentialité de DeepSeek, mise à jour en février 2026, l’entreprise peut collecter ce que vous lui donnez en utilisant ses services. Donc les prompts, l’historique des chats, des fichiers envoyés, des photos, des entrées vocales, mais aussi des informations de compte et des détails techniques liés à l’appareil ou à l’activité réseau.
Et la politique le dit noir sur blanc, ces données personnelles sont collectées, traitées et stockées en République populaire de Chine. Ce n’est pas propre à DeepSeek de garder des interactions utilisateur, pas mal de services d’IA font pareil. La vraie différence, c’est où part l’info et sous quel cadre légal.
Faut-il le supprimer de son téléphone ?
Pas forcément. Si vous lui demandez une recette, un résumé d’infos publiques ou des idées de voyage, le risque n’a rien à voir avec l’envoi d’un relevé bancaire, d’un dossier médical, de fichiers pro ou d’un mot de passe. Là, il vaut mieux s’abstenir, et pas seulement sur DeepSeek.
Autre point à ne pas rater, certains modèles DeepSeek peuvent tourner sur l’infrastructure d’un développeur, voire en local. Du coup, voir le nom DeepSeek ne suffit pas à savoir où vont vos données. Tout dépend de l’application et de l’hébergement.
Les réflexes à avoir si vous le gardez
Si vous continuez à l’utiliser, regardez ses réglages de données. DeepSeek indique qu’on peut gérer ou supprimer l’historique, et refuser l’utilisation de ses informations pour l’entraînement ou l’amélioration des modèles.
Bref, gardez surtout quelques réflexes simples : ne mettez rien de sensible dans les requêtes, vérifiez les permissions de l’appareil photo, du micro et des photos, faites le ménage dans vos conversations, et méfiez-vous des applis tierces. Le sujet, ce n’est pas la panique. C’est l’hygiène numérique.