En bref
- Malgré plus de 750 milliards de dollars de contrats cloud envisagés, Anthropic peine à obtenir assez de ressources auprès d’AWS, Google et Microsoft, qui deviennent aussi ses concurrents.
- L’entreprise affiche environ 16,9 milliards de dollars de revenus et 83 milliards de pertes nettes au premier semestre, malgré une forte accélération de son chiffre d’affaires au troisième trimestre.
- Avant son éventuelle entrée en Bourse en novembre, Anthropic doit aussi gérer la fiabilité de ses partenaires et les risques juridiques liés aux dommages que son IA pourrait causer.
Même en envisageant plus de 750 milliards de dollars de contrats cloud, Anthropic n’arrive pas à sécuriser assez de capacité. Et ça, pour une boîte IA de cette taille, ce n’est pas un simple contretemps.
Des dépenses géantes, pour un résultat encore insuffisant
Un document S-1 ayant fuité, consulté par le Wall Street Journal, met des chiffres sur un problème qui sentait déjà mauvais. Anthropic estime pouvoir dépenser plus de 750 milliards de dollars en contrats cloud, avec une partie des accords encore en négociation. Oui, on parle bien de cette échelle-là.
Le plus frappant, c’est que cette montagne d’argent ne suffit toujours pas. La société peine à obtenir les ressources nécessaires auprès de AWS, Google et Microsoft. Clairement, le sujet n’est plus seulement financier, il est aussi stratégique.
Les hyperscalers ne sont plus juste des fournisseurs
Pourquoi ça bloque ? Parce que les trois géants du cloud voient de plus en plus Anthropic comme un concurrent, pas seulement comme un client premium qui vient louer des GPU par palettes.
Et là, on touche à un vrai nœud du marché IA. Quand vos fournisseurs développent eux aussi leurs modèles, la relation devient vite bancale. Vous payez, mais vous êtes aussi dans leur rétro. Résultat, la capacité ne suit pas comme elle devrait.
Les plans B existent, mais ils inquiètent aussi
Du coup, Anthropic ne se contente plus des hyperscalers. L’entreprise loue ses propres data centers et travaille aussi avec des opérateurs tiers.
Sauf que ce plan B a ses limites. Dans son dossier, la société s’inquiète du faible historique d’exploitation de certains de ces partenaires, ce qui peut les rendre moins fiables que les géants habituels du cloud. En gros, elle cherche de l’air ailleurs, mais cet air-là n’est pas forcément rassurant.
Une croissance folle, sur fond de pertes et de risques
Le timing n’est pas anodin. Anthropic viserait une IPO en novembre, alors que ses comptes racontent une histoire assez brutale. Sur le premier semestre, l’entreprise affiche une perte nette d’environ 83 milliards de dollars pour près de 16,9 milliards de dollars de revenus. Et deux clients pèsent à eux seuls environ un cinquième des ventes.
Mais il y a l’autre face du dossier. La société a indiqué à de futurs investisseurs que son chiffre d’affaires du troisième trimestre, à lui seul, atteint désormais environ 18 milliards de dollars, en hausse de 45% sur un trimestre. Impressionnant, quand même.
Reste un dernier caillou dans la chaussure, et pas un petit. Le dépôt rappelle aussi qu’Anthropic pourrait être tenue responsable de dommages liés à des comportements nuisibles de son IA, pour des montants supérieurs à ce que son assurance couvrirait. La boîte n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire. Pour une entrée en Bourse, ça fait beaucoup de lignes rouges sur le même écran.