Cette scène coupée de Star Wars aurait changé Luke Skywalker

Image d'illustration. Star WarsADN
Une longue scène supprimée de Star Wars: A New Hope donnait un autre visage à Luke. Meilleure en lore, moins solide pour le rythme et la chronologie.
En bref
- Une scène coupée change l’introduction de Luke
- Elle enrichit le lore, mais ralentit le film
- Elle pose aussi un gros souci de continuité
Ce qui frappe avec cette scène coupée de Star Wars: A New Hope, c’est le paradoxe. Sur le papier, elle rend Luke Skywalker plus riche. Dans le film, elle aurait peut-être affaibli ce qui fait encore la force du premier Star Wars, sa limpidité.
Un Luke moins solitaire, déjà tourné vers la Rébellion
Dans la plus longue scène supprimée visible dans la collection Blu-ray, Luke n’est pas présenté comme ce garçon isolé qu’on connaît d’abord dans le montage cinéma. Sur Tatooine, il observe le ciel au moment où Darth Vader et l’Empire traquent le vaisseau de la princesse Leia, celui qui transporte R2-D2 et les plans de l’Étoile de la Mort.
Puis, il file dans une cantina locale pour prévenir ses amis. Personne ne le croit vraiment quand la bataille a déjà disparu du ciel. Là, il retrouve surtout Biggs, revenu sur la planète. Les deux s’éloignent ensuite et parlent de leurs vies, de courses en speeder, de l’Académie impériale, et du fait que Biggs a déserté avant d’être recruté par la Rébellion.
Résultat ? Un autre Luke. Plus entouré, plus au courant des enjeux politiques, déjà aimanté par l’idée de devenir pilote rebelle. Ça éclaire beaucoup mieux sa bascule rapide vers la Rébellion. Et, quand même, ça change le personnage.
Pourquoi le montage final a sans doute eu raison
Le souci, c’est le placement. Le début de A New Hope fonctionne comme une course contre-la-montre avec C-3PO et R2-D2 cherchant Obi-Wan Kenobi avant l’Empire. Ajouter à ce moment-là une couche de world-building politique et sociale, c’était alourdir l’entrée.
Le film sorti en salles a été taillé pour tenir en deux heures, avec une structure très simple, presque scolaire au bon sens du terme, celle du héros improbable. Et c’est sans doute ce qui a fait mouche. Le spectateur reçoit juste assez de lore, les Jedi, l’Empire, la Rébellion, Vader, l’Étoile de la Mort, et le reste demeure en creux. Vous entrez vite dans l’histoire, puis vous remplissez les blancs après.
Cette scène, elle, met beaucoup de cartes sur la table trop tôt. Pour des fans, pas mal. Pour un grand public de 1977, moins évident.
Le vrai problème, c’est la chronologie de Biggs
Et il y a plus embêtant. Plus tard, sur Yavin IV, Luke retrouve Biggs dans le hangar avant l’attaque finale. Dans certaines versions étendues, Biggs appuie même ses qualités de pilote auprès d’un commandant rebelle.
Si la visite sur Tatooine était restée au début du film, la timeline se tordait sérieusement. Les événements de A New Hope tiendraient sur quatre à six jours. Difficile de croire que Biggs, à peine parti après sa défection, aurait eu le temps d’être intégré comme pilote opérationnel chez les rebelles. Surtout quand le film montre déjà que même Luke, pourtant lié au sauvetage de Leia, doit encore être évalué.
La scène reste techniquement liée au canon de Star Wars, mais son statut de scène supprimée la laisse dans une zone grise. Et c’est révélateur, au fond. Chez George Lucas, une bonne idée de lore ne devient pas forcément une bonne idée de cinéma. Dans une franchise obsédée par l’expansion de son univers, ce vieux choix de montage rappelle une chose simple : tout montrer, trop tôt, peut coûter très cher.