En bref
- Kit Harington a rencontré l’équipe de Batman
- Robert Pattinson s’est imposé ensuite
- Le choix dit beaucoup du ton visé
Kit Harington a bien été envisagé, très tôt, pour enfiler le costume de Batman. L’acteur l’a raconté dans le podcast Happy Sad Confused, en expliquant qu’il avait rencontré quelqu’un au début du développement. Puis, quand il a appris que Robert Pattinson tenait la corde, sa réaction a été limpide, « Oui, bien sûr. C’est lui qu’il fallait choisir ».
Un Batman qui a failli avoir le visage de Jon Snow
Ce détail compte, parce qu’il remet un peu d’ordre dans un casting souvent résumé au seul duel entre Pattinson et Nicholas Hoult. Ce face-à-face a bien été rapporté, et Hoult a d’ailleurs reconnu avoir des sentiments mitigés sur le fait d’avoir perdu le rôle. Mais avant cela, Harington faisait donc partie des options regardées par l’équipe de Matt Reeves.
Et avec le recul, ça se comprend. Pas seulement parce que Game of Thrones dominait alors la télévision mondiale. Le vrai sujet, c’est le type de personnage qu’incarnait Harington.
Pourquoi son nom circulait n’avait rien d’absurde
Jon Snow, c’est un jeune homme sombre, taciturne, souvent en noir, traité comme un bâtard en Westeros parce qu’on le croit fils illégitime de Ned Stark joué par Sean Bean. Pour laver son honneur, il rejoint la Night’s Watch. Il traîne de la colère, un sérieux sens de la justice, et ce tiraillement permanent entre le devoir et le cœur, notamment avec Ygritte, incarnée par Rose Leslie.
Dit comme ça, on voit la passerelle avec le Bruce Wayne de Reeves. Dans The Batman, le héros est le centre du film, pas un prétexte laissé aux méchants. Son Batman est un reclus presque emo, à peine capable de jouer au prince de Gotham. Même la romance contrariée rappelle celle de Jon Snow, avec une Selina Kyle jouée par Zoë Kravitz qui comprend, à la fin, qu’il n’abandonnera pas sa mission.
Là où Pattinson avait une longueur d’avance
Le contraste, il est là. Harington a montré sur huit saisons qu’il savait très bien jouer la noirceur intérieure. Mais pas mal de choses suggèrent qu’il lui manquait cette arête plus inquiétante. L’exemple le plus parlant reste la scène de la saison 5, épisode 3, The High Sparrow, quand Jon, devenu Lord Commander, exécute Janos Slynt, joué par Dominic Carter. Dans A Dance with Dragons, ce moment a une froideur tranchante. À l’écran, beaucoup moins.
Face à ça, Pattinson impose une présence plus dure, presque rentrée, avec cette colère qui perce sous chaque mot. Son « Je suis la vengeance » résume assez bien ce que Reeves cherchait. Bon, le calendrier n’aide pas les fans, puisque The Batman Part II n’est attendu qu’en février 2028. En attendant, Pattinson doit revenir avec Primetime, un docudrame sur l’ancien animateur de To Catch A Predator, Chris Hansen. Et Harington, lui, semble avoir trouvé un terrain plus juste dans Industry, où son Harry Muck, entrepreneur dépressif au sang bleu, colle visiblement mieux à son registre.