En bref
- Cinq trilogies laissent un vrai manque
- Annulations, fins ratées, pistes abandonnées
- Le problème est autant créatif qu’industriel
Trois films, sur le papier, c’est le format idéal. En pratique, pas toujours. Certaines trilogies ont simplement été stoppées au mauvais moment, d’autres ont fini en roue libre, et c’est là que l’idée d’un quatrième film prend du sens. Pas pour rallonger artificiellement, mais pour réparer une trajectoire.
Quand la fin ressemble à un point d’arrêt, pas à une conclusion
Le cas le plus évident, c’est The Divergent Series. Les films adaptés des romans de Veronica Roth, avec Shailene Woodley en Tris, s’arrêtent après Allegiant sur un vrai cliffhanger. Le plan initial visait pourtant une conclusion en deux parties, à la façon de The Hunger Games. Sauf que l’échec commercial du troisième volet a enterré la suite. Un téléfilm de conclusion a bien été envisagé, mais Woodley ne voulait pas basculer d’une sortie cinéma à ce format-là.
Chez Spider-Man, version Sam Raimi, le manque est différent. La trilogie a marqué les années 2000, mais Spider-Man 3 a voulu gérer trop de choses à la fois, entre Mary Jane, Harry, Sandman, Venom et le symbiote. Résultat, une fin chargée, pas vraiment à la hauteur de ce que la saga avait construit. Un Spider-Man 4 était en développement, avec John Malkovich un temps associé au rôle du Vautour, avant que Raimi lâche l’affaire, insatisfait du script.
Même Before, plus intimiste, laisse une porte entrouverte. Après Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight, Jesse et Céline, joués par Ethan Hawke et Julie Delpy, tentent de se retrouver sans qu’on sache vraiment ce qu’il advient d’eux. Et pour une série bâtie sur le temps, l’usure et le couple, ce flou a quelque chose d’assez cohérent, mais frustrant quand même. Les deux acteurs ont déjà parlé d’un retour possible, sans suite concrète.
Des univers qui avaient encore de la place
Du côté de The Chronicles of Narnia, la question ne se pose presque pas. Il restait encore de la matière. Après les aventures des Pevensie, The Voyage of the Dawn Treader commençait déjà à déplacer le centre du récit vers Eustace, incarné par Will Poulter, avec Prince Caspian joué par Ben Barnes. The Silver Chair avait été annoncé avec une nouvelle équipe créative, avant que la baisse d’intérêt du public après le troisième film ne bloque le projet. Aujourd’hui, c’est The Magician’s Nephew qui doit relancer l’univers en reboot, sous la houlette de Greta Gerwig.
Le vrai problème, c’est Hollywood autant que le scénario
The Maze Runner résume bien ce mélange. Le premier film fonctionnait très bien, le dernier beaucoup moins. Pourtant, l’univers n’était pas épuisé. Les livres The Kill Order et The Fever Code offraient une base logique pour un préquel, histoire d’éclairer les origines du labyrinthe, du virus Flare et de l’organisation derrière l’expérience. L’équipe a visiblement discuté d’une suite sans vouloir aller plus loin. Puis un nouveau projet situé dans cet univers a été annoncé en 2024.
Bref, ce qui manque ici n’est pas seulement un film de plus. C’est une époque où les studios laissaient parfois une franchise sans vraie sortie, alors même que le public, lui, était resté accroché au bord du siège.