En bref
- La suite de Barbie patine malgré le succès
- Les droits pourraient revenir à Mattel bientôt
- Un reboot total deviendrait alors nécessaire
Le plus frappant, c’est ça. Le plus gros film de 2023 pourrait ne jamais avoir de suite directe. D’après Variety, après de longues négociations, Warner Bros. n’a toujours pas verrouillé Barbie 2, malgré des offres décrites comme colossales pour l’équipe menée par Greta Gerwig, Margot Robbie et Ryan Gosling.
Un carton au box-office, mais pas de suite en vue
Sur le papier, une suite semblait automatique. Barbie a cumulé l’argent, les critiques solides et un impact culturel rare, au point de dominer le box-office de 2023. Dans un studio, ce genre de succès déclenche d’habitude la machine sans trop réfléchir.
Mais justement, Barbie n’était pas un blockbuster standard. Le film a profité d’un moment presque impossible à reproduire, celui de Barbenheimer, et d’une proposition qui parlait à un public bien plus large que la cible masculine 14-49 ans souvent privilégiée par les studios. Même ses détracteurs sont allés le voir, ne serait-ce que pour participer à la conversation autour de ses thèmes féministes, très accessibles en surface, mais déjà assez commentés.
La vraie contrainte, ce sont aussi les droits
Il y a surtout une horloge qui tourne. Warner Bros. dispose d’environ quatre mois pour mettre la suite en développement actif. Si rien n’avance d’ici là, les droits repartent chez Mattel.
Et ce détail change tout. Si cette fenêtre se referme, un futur partenaire de Mattel ne pourra pas repartir de la version signée Greta Gerwig. Ni son univers, ni ses bases créatives. En gros, il faudrait rebooter totalement la licence en live action.
Pourquoi Barbie n’a peut-être rien à gagner à devenir une franchise
C’est là que le dossier devient intéressant. Le premier film racontait une histoire assez complète, avec une fin qui fonctionne très bien telle quelle. Lui greffer une suite reviendrait sans doute à pousser plus loin des sujets plus rugueux, notamment autour du féminisme et du patriarcat réel, pas seulement celui que Ken découvre en caricature.
Le risque est simple. Transformer un film perçu comme singulier en produit de série. D’autant que Barbie n’a pas attendu le cinéma live pour multiplier les histoires, avec 44 films d’animation en CGI, plusieurs séries animées, des vlogs et d’autres formats courts. Le personnage a déjà de quoi exister partout.
Le vrai sujet dépasse Barbie
Cette hésitation raconte aussi quelque chose d’Hollywood. Oui, les actionnaires aimeraient refaire le même coup. Mais le public montre aussi un appétit pour des films qui ne ressemblent pas à des suites automatiques. Warner Bros. a d’ailleurs bien performé récemment avec des titres originaux comme Weapons, Sinners et One Battle After Another.
Officiellement, l’élan freine à cause de désaccords financiers. Bon, ça peut suffire à bloquer un projet. Mais si Barbie 2 ne se fait pas, ce ne sera pas seulement une occasion manquée. Ce sera aussi un rappel utile, un énorme succès n’a pas toujours besoin d’être décliné à l’infini. Et dans le cinéma de studio actuel, ce genre de retenue vaut presque exception.