En bref
- La promo promettait une guerre totale à Londres
- Le film raconte surtout un siège post-apocalyptique
- Échec en salles, vrai culte ensuite
Le cas Reign of Fire résume un vieux problème de Hollywood assez bien. On vend un film plus gros, plus bruyant, plus spectaculaire qu’il ne l’est vraiment. Et quand l’écart est trop visible, le public le sent.
Une promo vendue comme un blockbuster de guerre
La bande-annonce de Reign of Fire poussait clairement dans cette direction. On y voyait Denton Van Zan, le personnage joué par Matthew McConaughey, expliquer qu’il avait identifié Londres comme base des dragons. Derrière, l’imagerie suivait, convois militaires, motos, saut en parachute, pagaille aérienne. Bref, tout laissait penser à une offensive armée de grande ampleur contre une capitale envahie.
L’affiche allait dans le même sens. Big Ben, le palais de Westminster, une ville en feu, plusieurs dragons dans le ciel, et des hélicoptères qui semblent approcher pour lancer l’assaut. Le problème, c’est que cette scène-là n’existe pas vraiment dans le film sous cette forme.
Le vrai film est beaucoup plus fermé, et plus étrange
En réalité, Reign of Fire commence dans le présent, quand un jeune Quinn assiste au réveil d’un dragon lors d’un chantier du métro londonien. Puis le récit saute jusqu’en 2020, après la destruction du monde de surface. Les dragons ont déjà ravagé la planète, et Quinn, désormais incarné par Christian Bale, tente surtout de garder en vie un groupe de survivants cachés dans des grottes.
Le film tient donc moins du grand spectacle militaire que du drame post-apocalyptique. Il reste majoritairement dans un même lieu, autour de la base de Quinn, que Denton vient renforcer avec ses mercenaires. L’idée la plus étrange, et franchement mémorable, concerne la biologie des dragons, ils mangent de la cendre, et leur souffle de feu sert à prédigérer la nourriture grâce à des glandes de napalm. Il faut voir Christian Bale défendre ça avec un sérieux absolu.
Surtout, le cœur de l’intrigue est plus précis que la promo ne le laissait croire. Les humains découvrent que les dragons affrontés sont des femelles, et qu’un seul mâle se cache à Londres, occupé à assurer la reproduction de l’espèce. Denton veut bien partir l’abattre, mais son convoi est attaqué peu après le départ. La confrontation finale revient donc vers le refuge, pas vers un immense assaut aérien au-dessus de la ville.
Un échec en salles, puis une seconde vie en film culte
Ce décalage a sans doute compté dans son destin commercial. Avec un budget d’environ 55 millions d’euros (60 millions de dollars) et des recettes autour de 76 millions d’euros (82,2 millions de dollars), le film n’a pas vraiment trouvé son public. Son ton plus sombre, plus resserré, a pu surprendre ceux qui attendaient une fête pyrotechnique.
Mais le temps a joué pour lui. Reign of Fire s’est construit une réputation de film culte, notamment chez les amateurs de série B. L’ambiance tient bien, le duo Christian Bale et Matthew McConaughey a du relief, et le casting secondaire rassemble aussi Izabella Scorupco, Gerard Butler, Alexander Siddig et Alice Krige. Ce n’est pas le film que sa campagne vendait. C’est sans doute pour ça qu’il reste intéressant aujourd’hui, comme rappel assez brutal de ce qu’un marketing trop agressif peut casser avant même la sortie.