- Andy Weir a récupéré des accessoires de xénonite
- Il a aussi gardé le tissu de sa chaise
- Le choix résume bien l’ADN du film
La xénonite a marqué Project Hail Mary jusque hors caméra. Et c’est précisément ce qu’Andy Weir, auteur du roman, producteur et consultant scientifique du film, a décidé de ramener chez lui après le tournage.
Dans un entretien accordé à Space.com, il explique avoir gardé le tissu au nom de sa chaise de producteur, mais aussi plusieurs petits objets en xénonite utilisés sur le plateau. L’atelier de maquettes avait fabriqué tout cet ensemble, et certaines versions n’avaient pas été retenues par les réalisateurs ou sortaient comme des essais ratés. Ce sont ces rebuts qu’il a emportés. Franchement, choix très parlant.
La xénonite, vrai faux élément devenu souvenir
On aurait pu imaginer un souvenir plus visible. Le cardigan à motif renard porté par Ryan Gosling, par exemple. Ou la petite balle en crochet en forme de Terre. Même Rocky, puisque la créature existait aussi sous une forme pratique sur le tournage. Mais non. Andy Weir a choisi le détail le plus geek du film, celui qui touche à sa mécanique interne.
Et ce n’est pas un hasard. La xénonite, dans Project Hail Mary, ne sert pas juste à habiller le décor. Elle incarne l’inventivité très concrète du récit, cette façon qu’a le film de rendre crédible un monde extraterrestre sans tomber dans le charabia pseudo-scientifique.
Pas un costume, mais le cerveau du film en objet
Le plus amusant, c’est que le second objet conservé par Weir est presque à l’opposé, le tissu portant son nom sur sa chaise de producteur. Un souvenir de fonction, presque banal. Les bibelots en xénonite, eux, racontent autre chose, le plaisir de fabrication, la cuisine du film, l’endroit où une idée de science-fiction devient un objet qu’on peut tenir en main.
Bon, ce n’est pas le souvenir le plus glamour. Mais c’est probablement le plus fidèle au projet.
Pourquoi ce matériau compte autant dans Project Hail Mary
La xénonite s’inspire de loin du xénon, mais le lien s’arrête vite. Là où le xénon réel est un gaz incolore peu compatible avec la physiologie humaine, la version du film est un matériau solide, extraterrestre, composé de plusieurs éléments inconnus.
Dans l’histoire, il sert à beaucoup. On le retrouve dans le vaisseau de Rocky, à l’extérieur comme à l’intérieur, dans l’objet cylindrique lancé à Ryland Grace lors de leur première rencontre en orbite autour de Tau Ceti, et dans les petits modèles de galaxie utilisés pour communiquer. Ce sont justement certains de ces modèles qu’Andy Weir a récupérés.
Un film qui continue de laisser une trace
Si cette anecdote attire autant, c’est aussi parce que Project Hail Mary a laissé plus qu’un joli souvenir de SF. Le film a bien marché, porté par ses images cosmiques, par l’optimisme de son regard sur la vie ailleurs, et par la bromance entre Rocky et Ryland Grace, incarné par Ryan Gosling face à James Ortiz.
Cette curiosité pour les récits spatiaux reste vive, la source la rapproche d’ailleurs de l’attention entourant Disclosure Day de Steven Spielberg. Et des mois après sa sortie, le film continue de circuler, d’abord sur MGM+, puis plus tard sur Prime Video. Ce petit butin récupéré par Weir dit quelque chose d’assez simple, au fond, les films qu’on retient vraiment sont souvent ceux dont on se souvient aussi par leurs objets.