Addiction aux écrans : YouTube dans la tourmente judiciaire

YouTube a trouvé un accord confidentiel avec un mineur qui l’accusait de préjudices liés aux réseaux sociaux. Un dossier clé, loin d’être le dernier.

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Image d'illustration. YouTube — Google / PR-ADN
  • En Californie, plus de 5900 plaintes (États et fédéral) visent les réseaux sociaux pour addiction supposée, faisant de ces affaires des “procès tests” majeurs.
  • Google/YouTube a déjà conclu un accord confidentiel dans un dossier similaire, tandis que Meta et YouTube ont été condamnés à verser environ 5,5 millions d’euros dans une autre affaire, avec appel annoncé.
  • Au cœur du débat, les plateformes contestent l’idée d’addiction, mais les plaignants affirment que des documents internes montreraient une priorité donnée aux profits sur la protection des mineurs.

Le vrai sujet n’est même plus ce seul accord. C’est la taille du mur judiciaire qui se dresse devant YouTube et, avec lui, devant les autres géants du secteur.

Des milliers de plaintes, et un dossier de plus qui compte

En Californie, plus de 3300 plaintes liées à l’addiction supposée aux réseaux sociaux attendent devant les juridictions d’État. Et ce n’est pas tout, 2600 autres dossiers ont été déposés au niveau fédéral dans le même État, par des particuliers mais aussi des collectivités, des établissements scolaires et des autorités publiques. Vous voyez le tableau. Ce nouveau règlement chez YouTube ressemble donc à un épisode de plus, sauf qu’il sert de procès test pour tout ce qui arrive derrière.

Un accord discret

Pendant que les autres suivent leur route, Google, maison-mère de YouTube, a conclu un accord avec un mineur identifié sous le nom de R.K.C., qui accusait plusieurs plateformes d’avoir causé un préjudice. Les termes restent confidentiels, d’après les avocats. Le même plaignant a aussi attaqué Meta, Snap et TikTok, et ces procès doivent continuer le mois prochain.

Google a fait savoir à Reuters que son objectif restait de proposer des produits adaptés à l’âge des utilisateurs ainsi que des contrôles parentaux, tout en précisant que l’affaire avait été réglée à l’amiable. Formel, propre, sans surprise. Mais clairement, l’entreprise gagne surtout du temps.

Une défense contestée

Ce deuxième dossier arrive après une première affaire du même genre, portée par une jeune femme de 20 ans connue sous le nom de K.G.M. Elle aussi affirmait avoir subi des dommages à cause du caractère addictif des réseaux sociaux. Cette fois, le jury lui a donné raison, avec environ 5,5 millions d’euros de dommages et intérêts.

Dans le détail, Meta a été condamné à verser environ 2,8 millions d’euros, et YouTube la même somme. La plateforme a annoncé son intention de faire appel, en soutenant qu’elle avait conçu de manière responsable une plateforme de streaming, pas un réseau social. Une ligne de défense intéressante, mais un peu raide quand on regarde l’époque.

Le vrai enjeu, c’est la ligne de défense des plateformes

Meta et d’autres acteurs contestent l’idée même que leurs services soient addictifs. En face, l’avocat Joseph VanZandt, déjà présent dans le premier dossier, assurait en mars que les échanges internes des entreprises racontaient autre chose. Sa formule était brutale, et elle reste le cœur du débat, selon lui : « C’est la première fois dans l’histoire qu’un jury entend le témoignage de dirigeants et voit des documents internes qui, selon nous, prouvent que ces entreprises ont choisi les profits plutôt que les enfants ».

Et c’est là que cette affaire devient lourde. Si d’autres jurys suivent cette logique, l’addition peut vite devenir monstrueuse pour YouTube et les autres plateformes.