En bref
- Samsung passe au silicium-carbone sur ses pliables.
- Plus d’autonomie, charge plus rapide, batterie plus compacte.
- Mais la durée de vie peut baisser nettement.
Samsung s’y met à son tour, et ce n’est pas un détail. Le géant coréen utilise désormais une batterie silicium-carbone sur les Galaxy Z Fold 8 et Z Fold 8 Ultra, après Honor, Oppo et Xiaomi. Quand un acteur de ce calibre bouge, on n’est plus dans la curiosité de fiche technique.
Samsung valide enfin une techno déjà bien lancée
Le point intéressant, c’est que Samsung reste prudent. Sur les pages produit, la marque continue d’indiquer une batterie lithium-ion, ce qui n’est pas faux. En réalité, ces cellules gardent un matériau au lithium côté cathode et n’utilisent pas une anode 100% silicium-carbone. On parle plutôt d’un mélange, avec une petite part de silicium intégrée au graphite.
Cette approche, Samsung l’assume pour gagner en densité énergétique. Pas pour sortir une énorme batterie façon certains smartphones chinois, mais pour réduire l’encombrement du bloc et donc du téléphone. Sur un pliable, clairement, ça se comprend.
Pourquoi ça change vraiment l’autonomie ?
Une batterie, en gros, repose sur trois éléments, anode, cathode et électrolyte. Dans les modèles classiques de nos téléphones, l’anode est à base de graphite. Problème, comme l’explique Dr. Ruth Sayers, c’est aujourd’hui la pièce qui limite le plus les performances.
Le silicium change la donne parce qu’il stocke bien plus. Dr. Ruth Sayers rappelle que le graphite tourne autour de 330 mAh par gramme, alors que le silicium offre une capacité environ dix fois supérieure. Résultat, on peut caser plus d’énergie dans un volume plus petit. C’est ce qui permet à certains modèles d’annoncer une vraie autonomie de deux jours.
On le voit déjà sur le OnePlus 15, donné pour 7 300 mAh, avec 38,5 heures lors d’un test d’autonomie, tout en restant à peine plus épais qu’un iPhone 17. Et il y a un autre bonus, la recharge rapide. Dr. Juho Heiska explique que le silicium se charge plus vite que le graphite, ce qui aide directement sur ce terrain.
Le vrai problème, c’est l’usure
Mais la fête a une limite. Le silicium gonfle énormément pendant les cycles de charge. Dr. Juho Heiska parle d’environ 10% d’expansion pour le graphite, contre 400% pour le silicium. Forcément, pour la longévité, ce n’est pas idéal.
C’est aussi pour ça qu’on ne voit pas de batterie entièrement en silicium. Trop instable, trop vite usée. Et chez Samsung, ça se traduit déjà dans les chiffres communiqués à l’Union européenne : 1 200 cycles pour ces nouvelles cellules, contre 2 000 promis sur la génération précédente. Là, le compromis saute aux yeux.
Pourquoi les smartphones sont le terrain parfait ?
Le plus logique, finalement, c’est que cette techno décolle d’abord sur smartphone. Les matériaux sont plus chers à fabriquer, même si le silicium reste abondant et peu coûteux. Dr. Juho Heiska souligne d’ailleurs que beaucoup d’industriels travaillent sur des matériaux drop-in, pensés pour s’intégrer aux lignes de production existantes, parfois avec d’autres ajouts comme des fluorophosphates pour améliorer la stabilité.
Et puis un téléphone, vous le gardez rarement dix ans. Si la batterie tient deux jours, vous la rechargez moins souvent, donc vous amortissez un peu cette usure plus rapide. Pas la solution magique, bref. Mais sans doute la prochaine norme.