En bref
- La NASA a envoyé un correctif à Voyager 2 pour économiser son énergie.
- Cette opération permet à ses trois instruments encore actifs de fonctionner une année supplémentaire.
- Lancée en 1977, Voyager 2 continue ainsi de transmettre des données depuis l’espace interstellaire.
Envoyer une mise à jour logicielle à plus de 21 milliards de kilomètres de la Terre, déjà, ça sonne comme un truc de SF. Sauf que chez NASA, c’est bien réel, et ça vient d’offrir à Voyager 2 une année de rab au lieu d’une nouvelle coupure dès 2025. Pas mal pour une sonde lancée en 1977.
Un patch envoyé au bout du vide
L’agence a modifié les réglages de Voyager 2 dans une opération baptisée Big Bang. L’idée, en gros, consistait à éteindre en même temps certains équipements alimentés puis à les remplacer par des alternatives moins gourmandes.
Le point délicat, c’était la chaleur. Couper du matériel, c’est bien pour économiser de l’électricité, mais il fallait aussi vérifier que la sonde resterait assez chaude pour continuer à fonctionner dans cet état. NASA dit avoir réussi cette manœuvre, ce qui évite l’arrêt d’un instrument supplémentaire plus tard cette année. Résultat, les trois instruments encore actifs pourront continuer à bosser jusqu’à l’an prochain.
Le vrai boss final, c’est l’énergie
Si Voyager 2 tient encore, c’est grâce à son générateur thermoélectrique à radioisotope, qui transforme la chaleur dégagée par la désintégration du plutonium en électricité. Le souci, vous le voyez venir, c’est que cette réserve s’épuise peu à peu.
Chaque année, la sonde perd environ 4 watts. Et au bout de plusieurs décennies, ça finit par faire très mal. Au lancement, Voyager 2 embarquait dix instruments scientifiques en état de marche. Aujourd’hui, il n’en reste plus que trois, les autres ayant été désactivés au fil du temps pour préserver l’essentiel. C’est brutal, mais franchement, vu l’âge de l’engin, la longévité reste folle.
Pourquoi ça compte encore ?
Deux semaines avant sa jumelle Voyager 1, Voyager 2 décollait en 1977 avec une mission claire, observer les géantes gazeuses du Système solaire. Elle a atteint Jupiter en 1979, puis a visité toutes les géantes gazeuses dans la décennie qui a suivi.
Depuis 2018, la sonde évolue dans l’espace interstellaire. Elle y renvoie des données sur la densité et la température du plasma situé au-delà de l’héliosphère, cette bulle spatiale formée par le Soleil autour de lui et de ses planètes. Et c’est bien pour ça que ce petit bricolage logiciel compte autant. Voyager 2 n’est plus seulement un monument, elle sert encore.