En bref
- Le télescope Swift devrait rentrer dans l’atmosphère cette année après l’échec de son sauvetage.
- Le vaisseau LINK a rencontré des problèmes de contrôle et de propulsion, empêchant sa mission de prolonger Swift.
- La NASA veut malgré tout tirer des enseignements de cette opération inédite pour les futurs sauvetages de satellites.
L’observatoire Neil Gehrels Swift Observatory devrait finir par rentrer dans l’atmosphère terrestre et s’y consumer plus tard cette année. Oui, ça sent la fin de run pour un satellite qui devait justement gagner une grosse rallonge de vie.
Swift va bien retomber, cette fois sans filet
La NASA a mis fin à la mission qui devait permettre au vaisseau LINK, développé par Katalyst Space, de s’amarrer à Swift puis de le tirer vers une orbite plus haute. Le rendez-vous reste prévu, mais sans la partie la plus importante, celle qui aurait pu offrir environ dix ans de plus à l’observatoire. Résultat, la réentrée de Swift n’est plus évitable à ce stade. Et c’est là que l’info devient vraiment amère.
Le vrai grain de sable, c’est LINK
La décision ne tombe pas de nulle part. La NASA pointe un problème persistant de contrôle d’attitude sur LINK, apparu fin juillet. En clair, le vaisseau gère mal son orientation en orbite, au point de se mettre à tourner sur lui-même.
Derrière, tout s’enchaîne mal. Les communications avec LINK sont devenues irrégulières, et une partie du système de propulsion a aussi perdu en capacités. Le mois dernier encore, la NASA et Katalyst Space affichaient un peu d’optimisme. Cette fenêtre s’est refermée.
Une mission folle dès le départ
Il faut dire que ce projet avait quelque chose du pari speedrun. Katalyst Space a eu moins d’un an pour concevoir le vaisseau de la mission Swift Boost, lancé début juillet. Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division astrophysique au siège de la NASA à Washington, avait d’ailleurs présenté l’opération comme une mission « à haut risque, à haute récompense ».
Ce n’était pas juste une formule. L’agence tentait pour la première fois ce type de sauvetage, avec très peu de temps, alors que l’orbite de Swift se dégrade rapidement à cause d’une hausse de l’activité solaire ces dernières années. Bref, l’idée était brillante, mais le timing était brutal.
La science perd du temps, pas toutes les leçons
Lancé en 2004, Swift a d’abord été conçu pour étudier les sursauts gamma. Depuis, les astronomes l’utilisent pour bien plus que ça, et la NASA s’en sert surtout quand un événement cosmique soudain demande des données vite, très vite. Sans lui, l’agence explique qu’elle va chercher de nouvelles options pour réagir rapidement à ces phénomènes, tout en s’appuyant sur les missions actuelles pour combler le trou.
Mais tout n’est pas jeté. Même sans remorquage, la NASA et Katalyst Space veulent récupérer un maximum de données pendant l’opération de rendez-vous. Jared Isaacman, administrateur de la NASA, l’a résumé ainsi : « Ce n’est pas le résultat visé, mais cela ne change pas pourquoi cette mission valait la peine d’être tentée ». Pas le happy end espéré, mais un test grandeur nature pour le service satellitaire du futur. Quand même utile.