La NASA se tourne vers la Lune, tandis que comètes et planètes révèlent leurs secrets

Image d'illustration. NASANASA / PR-ADN
Entre l’abandon de Gateway au profit d’une base lunaire habitée, la rotation inattendue de la comète 41P et les images inédites de Saturne par Hubble et Webb, l’actualité spatiale offre un panorama fascinant des découvertes et ambitions humaines dans le système solaire.
Tl;dr
- La NASA abandonne le projet Gateway et se concentre sur la construction d’une base lunaire habitée d’environ 20 milliards de dollars.
- La comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresák a soudainement inversé sa rotation à cause de jets gazeux, un phénomène inédit.
- Hubble et James Webb offrent des images inédites de Saturne, révélant ses couches nuageuses et ses tempêtes en haute résolution.
La NASA change de cap : adieu Gateway, cap sur la Lune
Dans le secteur spatial, les grandes annonces s’enchaînent, et NASA vient tout juste de bousculer sa feuille de route. Après avoir repensé son programme Artemis, l’agence américaine officialise l’abandon du projet Gateway, cette station spatiale censée graviter autour de la Lune. C’est désormais vers la création d’une véritable base lunaire, estimée à quelque 20 milliards de dollars, que les ambitions se concentrent. Ce revirement stratégique intervient après plusieurs avertissements, dont les récentes coupes budgétaires proposées par l’administration Trump qui avaient déjà placé Gateway sous tension.
L’installation humaine sur la Lune se précise
Ce nouvel objectif lunaire n’est pas improvisé. Selon les responsables de NASA, trois étapes principales jalonneront cette aventure :
- L’envoi d’instruments et de robots grâce au programme CLPS.
- L’installation d’une infrastructure semi-habitée avec des astronautes sur place et une coopération accrue avec des agences internationales.
- L’ajout d’éléments lourds comme les habitats polyvalents italiens ou un véhicule utilitaire canadien pour permettre des séjours longs sur le sol lunaire.
L’idée ? Opérer des missions habitées tous les six mois après le vol Artemis V, prévu pour 2028. Lors d’un événement baptisé « Ignition », le directeur de l’agence, Jared Isaacman, a affirmé : « La NASA est déterminée à réaliser l’impossible une nouvelle fois : revenir sur la Lune avant la fin du mandat du président Trump, bâtir une base et garantir une présence durable. »
La comète 41P change soudainement de rotation
Pendant ce temps, l’actualité scientifique surprend ailleurs dans le système solaire. Une étude publiée dans The Astronomical Journal révèle que la comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresák a inversé sa rotation — un phénomène jamais documenté jusqu’ici. En mai 2017, son temps de rotation était mesuré entre 46 et 60 heures via le télescope Swift ; quelques mois plus tard, Hubble observe une période réduite à seulement 14 heures. Cette transformation serait liée aux jets gazeux émis lors du passage près du Soleil. Selon l’astronome David Jewitt, ces « jets agissent comme de minuscules propulseurs qui modifient radicalement la vitesse et même le sens de rotation des petits corps célestes. » Pour cette comète provenant vraisemblablement de la ceinture de Kuiper et visitant notre voisinage tous les 5,4 ans, ces variations pourraient annoncer sa désintégration prochaine.
Nouveaux regards sur Saturne
Enfin, difficile d’ignorer les récentes images capturées par Hubble et le télescope spatial James Webb : elles révèlent comme jamais auparavant les multiples couches nuageuses et atmosphériques de Saturne. Grâce à la collaboration entre NASA, ESA, et CSA, tempêtes et ondes jet sont désormais immortalisées en haute résolution, offrant un regard neuf sur la planète aux anneaux emblématiques.