En bref
- The Departed fête ses vingt ans
- Son casting reste sa plus grande force
- Hollywood peine à refaire pareil
Vingt ans après, The Departed raconte aussi autre chose qu’une guerre de taupes et de loyautés cassées. Il rappelle qu’en 2026, réunir autant de visages connus dans un même film, sans jamais donner l’impression d’un empilement marketing, relève presque de l’exception.
Un casting que Hollywood aurait du mal à refaire
On parle souvent du film de Martin Scorsese pour sa tension, son décor de Boston ou ses trahisons en cascade. Mais ce qui frappe encore, c’est la précision du casting. Leonardo DiCaprio, Matt Damon et Jack Nicholson occupent le centre. Puis arrivent Martin Sheen, Alec Baldwin, Mark Wahlberg, Vera Farmiga ou Ray Winstone. Sur le papier, ça pourrait être trop. À l’écran, non.
Et c’est là que le film tient. Personne ne semble ajouté pour faire joli sur l’affiche. Chacun a une fonction nette, laisse une trace, puis nourrit la machine entière.
Chaque visage a un rôle, aucun nom ne flotte
DiCaprio incarne Billy Costigan, policier infiltré dans l’équipe de Frank Costello. Damon, lui, joue Colin Sullivan, autre flic, mais avec un secret bien différent. Nicholson campe Costello avec cette présence énorme qui pourrait avaler le film. Elle ne l’avale pas, justement, parce que tout le monde autour répond.
Wahlberg apporte une brutalité presque comique en Dignam. Baldwin pousse cette énergie sur un autre registre. Sheen donne du poids au versant policier. Farmiga sert de centre humain dans ce chaos. Même les rôles plus courts, de Anthony Anderson à David O’Hara, ou Ray Winstone sans en faire des tonnes, restent en tête. Bref, le film est dense, mais jamais confus.
Il faut ajouter un point important, l’histoire reprend de très près le film hongkongais Infernal Affairs d’Andrew Lau. L’adaptation américaine ne gagne pas seulement en prestige, elle gagne en circulation entre les acteurs.
Plus qu’un palmarès, une alchimie rare
L’Academy ne s’y est pas trompée. En 2007, le film repart avec l’Oscar du meilleur film, celui du meilleur réalisateur pour Scorsese, mais aussi le meilleur scénario adapté et le meilleur montage.
Mais les trophées n’expliquent pas tout. Ce qui tient encore, c’est l’alchimie. Les acteurs se heurtent, se relancent, se rendent mutuellement plus nerveux, plus drôles, plus dangereux. Certaines scènes font rire. D’autres serrent la gorge. Parfois les deux en même temps.
Pourquoi ça compte encore en 2026
Ce n’est pas seulement un grand film de gangsters des années 2000. The Departed a aussi fixé un standard pour le crime movie hollywoodien, parce qu’il prouve qu’un ensemble peut être massif sans devenir brouillon. C’est rare, quand même.
Aujourd’hui encore, le film garde cette impression de ville hantée, où chaque amitié cache une facture à payer. Et si son casting continue de marquer autant, c’est peut-être pour ça. Pas parce qu’il aligne des stars, mais parce qu’il les emboîte parfaitement. Pour le cinéma criminel américain, la note est restée salée depuis.