En bref
- Bon Appétit, Your Majesty a dominé Netflix.
- Cinq K-dramas prolongent ses thèmes clés.
- Cuisine, romance et choc social reviennent souvent.
Le vrai sujet, au fond, ce n’est pas seulement le succès de Bon Appétit, Your Majesty. C’est la façon dont les K-dramas continuent d’exporter une mécanique très précise, prendre des genres qui devraient mal cohabiter, les faire tenir ensemble, puis accrocher le public pendant des semaines. Après Squid Game, la série de Netflix portée par Im Yoon-ah et Lee Chae-min en apporte une nouvelle preuve.
Un carton Netflix qui confirme une formule très coréenne
Dans Bon Appétit, Your Majesty, Yeon Ji-yeong, cheffe sud-coréenne spécialiste de cuisine française, se retrouve propulsée dans le Joseon médiéval. Ses talents la mènent jusqu’aux cuisines du palais, puis vers une relation avec le roi Yi Heon, figure froide et rongée par la vengeance, sur fond d’intrigues royales particulièrement brutales.
Ce mélange-là, romance, lutte de pouvoir, voyage temporel et nourriture, n’a rien d’un accident. C’est même ce qui fait la force de la série. Et si vous cherchez quoi regarder ensuite, cinq titres reviennent avec insistance, chacun reprenant une pièce de cette formule plutôt qu’une copie pure.
Quand la cuisine devient une arme sociale ou politique
Le plus frontal, c’est Itaewon Class. Ici, la cuisine ne sert pas à entrer au palais mais à mener une revanche. Adaptée du webtoon de Gwang Jin, la série suit Park Seo-ro-yi, qui ouvre un restaurant à Seoul, dans le quartier d’Itaewon, pour battre la puissante entreprise de restauration liée à l’homme qu’il hait. Le point commun avec Yi Heon saute aux yeux, un héros émotionnellement verrouillé, guidé d’abord par sa colère avant de construire autre chose.
Plus léger en surface, Tastefully Yours joue aussi cette carte culinaire, mais côté romance. Han Beom-woo, restaurateur peu scrupuleux qui vole des recettes, débarque dans une petite ville et se frotte à Mo Yeon-joo, qui tient un restaurant minuscule à table unique. Friction d’abord, couple ensuite. Le trope ennemis à amants est classique, mais le passé moralement douteux de Beom-woo donne un peu plus de relief à l’ensemble.
Le miroir historique le plus évident
S’il ne fallait en garder qu’un pour retrouver presque la même sensation, ce serait Mr. Queen. La série de 2020 suit Jang Bong-hwan, un chef contemporain qui frôle la mort puis se réveille à l’époque Joseon, dans le corps de la reine Cheorin. Même collision entre cuisine et cour royale, même décor historique, mêmes manœuvres politiques. Sauf qu’ici, le ton penche nettement vers la comédie, avec un humour de décalage très assumé. Clairement, c’est la variation la plus proche.
Des romances qui gardent l’essentiel sans le décorum royal
Et puis il y a les séries qui reprennent moins le cadre que la dynamique. Hometown Cha-Cha-Cha suit Yoon Hye-jin, dentiste citadine qui ouvre sa clinique dans un village côtier et tombe amoureuse du bricoleur local Hong Du-sik. Les enjeux sont plus modestes, mais le motif reste là, une professionnelle brillante, hors de son élément, qui finit par trouver sa place.
Dans King the Land, le décalage passe par la classe sociale. Gu Won, héritier d’un groupe hôtelier, croise Cheon Sa-rang, employée solaire jouée par Im Yoon-ah. Lui ressemble à une version contemporaine du roi de Bon Appétit, Your Majesty, distant, fermé, presque princier sans couronne. Elle l’aide à s’ouvrir. Et ça dit quelque chose de plus large, le K-drama continue de recycler ses archétypes, oui, mais assez bien pour leur donner une nouvelle saveur.