En bref
- Lanterns conclut bien son intrigue principale
- La finale frustre par ses choix visuels
- DC évite encore son imaginaire le plus fort
Les séries de super-héros ont un vieux réflexe, raconter l’origine d’un héros tout en repoussant sans cesse le moment où il ressemble enfin à ce héros. Et la finale de Lanterns vient de retomber dans ce piège.
Une fin solide, mais pas vraiment triomphale
Sur le papier, la saison 1 tient sa promesse. L’histoire du duo dysfonctionnel formé par John Stewart et Hal Jordan trouve une vraie conclusion, tout comme leur mission à Rushville, dans le Nebraska. Les mystères sont globalement résolus, les arcs émotionnels aussi. On sait déjà qu’une saison 2 est en développement précoce, et que John comme Guy Gardner continueront ailleurs dans le DCU, mais cette intrigue-là a bien une fin.
Le souci est plus simple, et plus visible. La mise en scène reste étonnamment retenue jusqu’au bout. Pour une série adossée à l’univers des Green Lantern, ça laisse une impression bizarre, presque timide.
John Stewart devient enfin Lantern, sans le moment qu’on attendait
Dans la dernière ligne droite, John élucide le meurtre de Hal, rappelle Guy à Rushville grâce au signal offert à la ville, puis lui demande de prévenir les Gardiens de l’Univers. Son plan est clair, utiliser la batterie créée par Sinestro, ancien Green Lantern renégat, avec l’ancien anneau de Hal, pour devenir le nouveau protecteur de la Terre, en dehors du Lanterne Corps, pendant que Guy continue sa patrouille dans le secteur spatial 2814.
Ensuite, John fait ses adieux à Halogram, la copie IA de la conscience de Hal stockée dans l’anneau. Il recharge l’anneau avec la lanterne de Sinestro, prononce sa propre version du serment, puis s’élève et quitte la ville en volant.
Le problème saute aux yeux. Il le fait en vêtements de ville. Pas de costume, pas de bascule visuelle nette, pas ce pic cathartique qu’une origin story prépare normalement. Après avoir fait de son hésitation à devenir Lantern un thème central, la série semblait filer vers ce moment. Elle s’arrête juste avant.
Le vrai reproche vise toute la saison
Ce n’est pas la première fois qu’une adaptation joue la montre. Daredevil n’offrait son costume à Matt Murdock qu’à la fin de sa première saison. Smallville, lui, a attendu son final pour habiller vraiment Clark Kent en Superman. Mais ces séries compensaient autrement, avec des pouvoirs, des sauvetages, une activité héroïque régulière.
Chez Lanterns, l’approche très terrestre a d’abord convaincu pas mal de sceptiques. Elle servait le crépuscule de carrière de Hal et la lente construction de John. Bon. Une fois la saison terminée, on voit aussi ce qu’elle perd en route. Les pouvoirs sont trop peu montrés, Hal porte rarement sa tenue, et des antagonistes comme Antaan ou Zoe restent sous apparence humaine même en plein affrontement. Difficile de ne pas y voir, au moins parfois, une décision de budget autant qu’un choix artistique.
Et c’est là que le cas Lanterns devient intéressant pour DC. Dans un univers où les héros sont publics depuis des décennies, où Guy Gardner assume totalement son look et ses capacités, tirer autant vers le réalisme finit par sembler forcé. À moyen terme, la question est simple, est-ce que le DCU veut adapter ses héros, ou seulement les rendre plus acceptables à l’écran ?