Notre avis
Note finale
7/10
La Soma Chroma réussit son pari esthétique et reste une chaise réellement confortable, mais les sacrifices réalisés sur les réglages ergonomiques sont difficiles à accepter à plus de 500 euros. Une excellente chaise pour compléter un setup Razer, beaucoup moins évidente si le confort personnalisable constitue votre priorité.
Notes
- Design et Fabrication8/10
- Confort7/10
- Ergonomie et réglages5/10
- Rapport Qualité/Prix6/10
Avantages
- Une assise ferme et confortable
- Une finition et une construction convaincantes
- Une excellente intégration Razer Chroma
Inconvénients
- Support lombaire totalement fixe
- Accoudoirs seulement 2D
- Batterie et alimentation non fournies
Présentation et design
Avec la Soma Chroma, Razer ne cherche pas réellement à remplacer son Iskur V2. La marque inaugure plutôt une nouvelle famille de sièges davantage tournée vers « l’immersion », avec comme premier argument une intégration complète de l’éclairage Chroma RGB.
Visuellement, le résultat fonctionne plutôt bien. La Soma abandonne une partie des rondeurs des Iskur pour un dessin plus anguleux, notamment au niveau des épaules. Le tissu noir, les différentes découpes de l’assise et le large dossier lui donnent un aspect gaming marqué sans tomber dans les habituels sièges baquets recouverts de similicuir. On retrouve le design du coussin Freyja.
La qualité de fabrication est également au rendez-vous. Avec une structure et un piètement cinq branches en acier, l’ensemble inspire confiance et accuse tout de même 24,5 kg sur la balance. L’assise mesure 54,5 cm de large pour 47 cm de profondeur, tandis que le dossier atteint 84 cm de haut. Razer recommande la chaise pour des utilisateurs mesurant entre 1,60 et 2 mètres et jusqu’à 150 kg.
Fiche technique :
- Revêtement : tissu
- Structure et piètement : acier
- Assise : mousse à froid double densité
- Largeur d’assise : 54,5 cm
- Profondeur : 47 cm
- Hauteur d’assise : 41 à 51 cm
- Dossier : 84 x 58,5 cm
- Inclinaison : jusqu’à 155°
- Accoudoirs : 2D, hauteur et rotation
- Support lombaire : arche intégrée fixe
- Roulettes : 6 cm
- Poids maximal recommandé : 150 kg
- Taille recommandée : 160 à 200 cm
- Connectivité : Razer HyperSpeed 2,4 GHz et Bluetooth LE
- Éclairage : Razer Chroma RGB
- Poids : 24,5 kg
- Prix : 529,99 euros
Le montage reste relativement classique pour une chaise gaming. Le poids de certains éléments impose un peu de prudence lors de l’installation du dossier, mais rien de particulièrement compliqué.
Une assise confortable et plutôt ferme
Les premières heures passées sur la Soma Chroma sont plutôt convaincantes. Razer utilise une mousse à froid double densité et le résultat se situe du côté ferme du marché sans devenir inconfortable. C’est même un choix que nous apprécions sur les longues sessions. L’assise ne s’affaisse pas exagérément, les cuisses restent correctement maintenues et ses 47 cm de profondeur permettent de conserver facilement les pieds au sol sans avoir le bord du siège qui vient appuyer derrière les genoux.
Le dossier suit la même philosophie. Il est ferme, mais suffisamment rembourré pour travailler ou jouer plusieurs heures sans ressentir de point de pression particulier. La Soma peut également basculer jusqu’à 155°. C’est largement suffisant pour passer d’une position de travail assez droite à une position beaucoup plus détendue devant un film ou entre deux parties. Sur le confort pur, difficile donc de vraiment prendre la Soma en défaut.

Un support lombaire qui manque cruellement de réglages
C’est sur l’ergonomie que notre enthousiasme retombe. Razer met largement en avant son « arc lombaire ergonomique intégré ». Et précisons une chose : ce support n’est pas mauvais. La courbure du dossier vient effectivement remplir le creux du bas du dos et peut offrir un excellent maintien si elle tombe naturellement au bon endroit. Le problème tient justement dans ce si. Contrairement à l’Iskur V2 et son système lombaire réglable, il est ici absolument impossible de modifier la hauteur ou la profondeur du maintien. L’arche fait partie intégrante du dossier : soit elle correspond à votre morphologie, soit il faudra faire avec.
Dans notre cas, nous avons rapidement regretté de ne pas pouvoir augmenter légèrement le soutien ou déplacer sa zone d’appui. Sur une session courte, cela ne pose pas réellement problème. Après plusieurs heures en position droite, cette absence de personnalisation devient beaucoup plus perceptible. Sur une chaise à 529,99 euros, c’est difficile à justifier, d’autant que les concessions ne s’arrêtent pas là. Les accoudoirs sont seulement 2D : ils peuvent monter, descendre et pivoter, mais impossible de les avancer, de les reculer ou d’en modifier réellement l’écartement. À ce niveau tarifaire, des accoudoirs 3D voire 4D auraient été beaucoup plus cohérents. Il n’y a également aucun coussin lombaire ou appui-tête supplémentaire permettant de compenser ces limitations.
C’est finalement le principal paradoxe de cette Soma Chroma : elle est confortable, mais nettement moins adaptable que ce que son tarif pouvait laisser espérer.

Chroma RGB : spectaculaire… surtout pour les autres
Évidemment, une chaise baptisée Soma Chroma ne pouvait pas se contenter d’un petit logo lumineux. Deux grandes zones RGB viennent encadrer la partie supérieure du dossier. L’effet est franchement réussi dans une pièce sombre et donne une vraie continuité à un setup déjà équipé de périphériques Razer. La chaise peut communiquer avec le PC en HyperSpeed 2,4 GHz grâce à son dongle ou en Bluetooth LE avec un appareil mobile. Depuis Synapse et Chroma Studio, on retrouve les réglages habituels de l’écosystème Razer avec 16,8 millions de couleurs, dix effets lumineux et surtout la synchronisation avec plus de 300 jeux compatibles.
Lorsque l’ensemble du setup réagit simultanément à ce qui se passe à l’écran, le résultat peut être particulièrement réussi. Mais il existe une limite assez évidente : une fois assis, on ne voit quasiment plus les LED. La Soma Chroma profite davantage à une personne qui vous regarde jouer, à une caméra de streaming ou simplement à l’esthétique générale d’une pièce qu’à son utilisateur. Dans une pièce très lumineuse, leur impact est également beaucoup moins évident. Cela reste néanmoins une intégration propre et autrement plus convaincante qu’une simple bande LED collée derrière le dossier.

Une chaise RGB… livrée sans alimentation
Il reste un détail particulièrement difficile à comprendre. Pour utiliser l’éclairage sans avoir un câble qui traîne derrière la chaise, Razer prévoit une petite poche à l’arrière du dossier permettant d’installer une batterie externe. C’est une bonne idée et cela permet de continuer à déplacer librement la chaise. Razer recommande cependant une batterie d’au moins 20 000 mAh, compatible Power Delivery et capable de délivrer au minimum 20 W. Et elle n’est pas fournie. Dans nos tests, avec une batterie de 10000 mAh, nous avons perdu 10% en 5h avec la synchronisation du jeu vidéo (Overwatch dans notre cas).
Vous pouvez également alimenter la Soma depuis une prise secteur, mais l’adaptateur et la rallonge USB-C nécessaires ne sont pas davantage présents dans la boîte. Autrement dit, la fonction qui distingue réellement cette chaise de l’Iskur V2 X nécessite un accessoire supplémentaire dès sa sortie du carton. Sur une chaise dépassant les 500 euros, c’est plutôt mesquin.

Un positionnement tarifaire difficile
Et c’est finalement le prix qui pose le plus gros problème à cette Soma Chroma. À 529,99 euros, elle coûte 230 euros de plus que l’Iskur V2 X en tissu, proposée à 299,99 euros chez Razer. Pourtant, les deux modèles partagent justement certaines des concessions qui nous dérangent ici, notamment un support lombaire fixe et des accoudoirs 2D. Le supplément demandé finance donc principalement la nouvelle conception et l’intégration Chroma. À l’autre extrémité de la gamme, l’Iskur V2 et l’Iskur V2 NewGen sont certes sensiblement plus chères, mais proposent un véritable système lombaire réglable. Pour quelqu’un qui passe ses journées devant un bureau, investir davantage dans cette partie nous semble beaucoup plus pertinent que dans du RGB. Tout dépend finalement de la priorité donnée à l’esthétique.
Verdict
La Razer Soma Chroma est loin d’être une mauvaise chaise. Elle est bien construite, son assise ferme se révèle agréable pendant de longues sessions et l’intégration Chroma est probablement ce qui se fait de plus abouti actuellement sur une chaise gaming. Mais Razer a fait un choix étrange : proposer énormément de possibilités pour régler la couleur de la chaise tout en offrant très peu de possibilités pour régler… la chaise. L’absence de réglage lombaire nous gêne particulièrement. L’arche intégrée peut être excellente lorsqu’elle correspond parfaitement à votre dos, mais sur un produit de ce prix, l’utilisateur devrait pouvoir ajuster son soutien plutôt que devoir s’adapter au fauteuil. Même constat pour les accoudoirs 2D et pour l’absence d’une batterie pourtant indispensable pour profiter proprement du RGB.
La Soma Chroma s’adresse donc avant tout à ceux qui possèdent déjà un setup Razer très poussé et qui veulent prolonger l’expérience Chroma jusque dans leur mobilier. Pour les autres, il existe des choix ergonomiquement plus intéressants pour 530 euros.