En bref
- Donald Trump impose le terme « Super Intelligence » pour changer la perception de l’IA et éloigner les inquiétudes liées à ses risques.
- Les patrons de la tech signent un pacte de sécurité non contraignant, davantage symbolique que réellement juridique.
- Le cas Anthropic illustre les tensions avec Washington, malgré la volonté affichée de Donald Trump de rapprocher l’industrie et le gouvernement.
Le point le plus parlant, ce n’est même pas le pacte. C’est le packaging. En quelques jours, Donald Trump a déplacé la discussion sur l’IA vers une formule beaucoup plus vendeuse, Super Intelligence, comme si changer l’étiquette pouvait calmer toutes les angoisses autour de la techno.
Un changement de nom qui dit beaucoup
Cette fois, ce n’est plus un simple gimmick de meeting. Le terme est passé dans un executive order, et les représentants officiels américains sont désormais censés parler de Super Intelligence, plus d’intelligence artificielle. Et franchement, on voit très bien l’idée derrière. Faire glisser le débat loin des peurs habituelles, celles sur l’emploi, la sécurité ou les dérives.
Le mouvement a d’ailleurs continué dans la foulée avec l’annonce d’une Super Intelligence Force. Dit comme ça, on se croirait presque dans un spin-off un peu trop sûr de lui. Mais politiquement, c’est tout sauf anodin.
Le pacte sécurité ressemble surtout à un décor
Autour de cette séquence, plusieurs patrons de la tech ont signé un texte baptisé Joint Commitment on Frontier Responsibilities. Sur le papier, ça sonne sérieux. Dans les faits, beaucoup moins.
Le document est présenté comme un engagement sur la sécurité de l’IA, mais il reste entièrement volontaire, sans portée juridique réelle. Sean O’Kane le juge profondément non contraignant, et difficile de lui donner tort. Trump, lui, a expliqué qu’il le considérait comme « moralement contraignant ». Bon. Ça donne surtout une idée du niveau de solidité du truc.
Autre détail qui pique un peu, l’accord signé comportait une faute sur United States. Ce n’est pas juste anecdotique. Ça renforce l’impression d’une opération montée vite, très vite.
Anthropic reste coincé entre invitations et hostilité
Le cas Anthropic résume bien le chaos ambiant. Quelques jours avant cette réunion, la boîte était encore dans une mauvaise passe avec l’administration. Puis son patron, Dario Amodei, a été convié à un dîner à 22 heures avec Trump. Très vite après, il se retrouvait au déjeuner avec tout le gratin tech, de Mark Zuckerberg à Jeff Bezos, en passant par Elon Musk.
Sauf que ça ne veut pas dire réconciliation générale. Le Defense Department reste très hostile à Anthropic, accusé en interne d’être problématique sur les questions de sécurité nationale. Et Emil Michael continue de l’attaquer régulièrement sur X. Bref, une partie de la Maison-Blanche veut travailler avec eux, une autre non.
Pourquoi ce geste compte malgré tout ?
C’est là que l’épisode devient intéressant. Il y a encore peu, Trump rejetait l’idée même de freiner l’IA ou de parler régulation. Puis, en une poignée de jours, il réunit les patrons du secteur autour d’un engagement sécurité, même symbolique.
Donc non, le texte lui-même ne devrait pas changer grand-chose. Mais le fait qu’il ait fallu cette mise en scène, si. Le message envoyé ressemble à ça, version non officielle, l’IA fait peur, la Super Intelligence beaucoup moins. Et ça, pour l’image du secteur, c’est clairement le vrai sujet.