La Maison-Blanche coupe les ponts avec Anthropic

Image d'illustration. AnthropicAnthropic / PR-ADN
Donald Trump ordonne aux agences fédérales de cesser d’utiliser Claude et autres services de la start-up californienne.
Tl;dr
- Donald Trump a ordonné aux agences fédérales de cesser d’utiliser Claude et tout autre service d’Anthropic, avec un délai de six mois pour migrer vers d’autres outils.
- La rupture survient à cause du refus d’Anthropic d’assouplir ses garde-fous éthiques interdisant l’usage de Claude pour la surveillance de masse ou les armes autonomes.
- Face à cette décision, des centaines d’employés de Google et OpenAI ont signé une lettre de soutien à Anthropic, dénonçant les risques pour l’innovation et la régulation de l’IA.
Le bras de fer entre la Maison-Blanche et Anthropic
La tension ne cesse de croître à Washington autour des garde-fous sur l’intelligence artificielle. Ce vendredi, une décision spectaculaire a été annoncée : Donald Trump a ordonné à toutes les agences fédérales, y compris le Department of Defense, de cesser d’utiliser Claude et tout autre service d’Anthropic. Les administrations américaines disposent désormais d’un délai de six mois pour migrer hors des outils développés par la start-up californienne.
Des pressions inédites sur la régulation de l’IA
La rupture survient après des négociations particulièrement tendues entre Anthropic et les autorités américaines. Au cœur du litige : les « safeguard clauses » qui interdisent explicitement l’utilisation de Claude pour la surveillance de masse sur le sol américain ou dans le déploiement d’armes totalement autonomes. Récemment, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait menacé de qualifier Antrhopic de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » si la société persistait à maintenir ces limites éthiques.
Un porte-parole d’Anthropic soulignait encore récemment que « le contrat proposé n’apportait pratiquement aucune avancée pour empêcher les dérives signalées ». L’entreprise affirme vouloir garantir une « continuité opérationnelle » tout en refusant d’assouplir ses principes fondamentaux.
L’industrie technologique resserre les rangs
Face à cette escalade, un vaste mouvement de soutien s’est manifesté au sein du secteur numérique. Dès vendredi, des centaines de salariés chez Google et OpenAI ont signé une lettre ouverte appelant à faire bloc avec Anthropic. Selon une note interne consultée par Axios, le PDG d’OpenAI, Sam Altman, se disait prêt à poser la même « ligne rouge » concernant l’utilisation éthique des IA.
Pour clarifier les enjeux, voici ce que dénoncent plusieurs acteurs majeurs :
- Dangers pour l’écosystème de l’innovation : restriction du dialogue public-privé.
- Nouveaux risques juridiques : possible utilisation arbitraire du pouvoir exécutif.
- Soutien industriel : mobilisation inédite des géants américains de la tech.
Mise en garde des défenseurs des libertés numériques
L’annonce présidentielle a également fait bondir plusieurs associations comme le Center for Democracy and Technology (CDT). Sa présidente Alexandra Givens prévient : « Cela crée un précédent dangereux. Ces menaces sapent l’intégrité du secteur et banalisent une conception extensive du pouvoir présidentiel qui devrait alarmer tous les Américains. »
Alors que le bras de fer se poursuit, la question demeure entière : jusqu’où iront pouvoirs publics et entreprises privées pour façonner l’avenir – et les limites – de l’IA militaire aux États-Unis ?