En bref
- Disney développe déjà l’univers de Visions
- Trois épisodes semblent taillés pour une suite
- L’enjeu, exploiter des idées hors canon très fortes
Le paradoxe de Star Wars: Visions est là. Cette anthologie brille parce qu’elle donne carte blanche à des studios du monde entier, loin de la continuité officielle. Mais à force de fabriquer des histoires aussi denses en vingt minutes, elle crée aussi une frustration très simple, on veut la suite.
Le vrai problème de Visions, c’est qu’un épisode ne suffit plus
Disney l’a bien compris. « The Duel » a déjà eu droit à un roman, à un comic et même à un nouvel épisode en saison 3. Et « The Ninth Jedi », souvent cité parmi les favoris du public, vient carrément de devenir une série dérivée avec Star Wars: Visions Presents.
C’est un bon début. Mais aussi un aveu. Si Visions fonctionne aussi bien, c’est parce que sa liberté produit des concepts que le canon n’oserait pas toujours porter. Résultat, certains épisodes ressemblent moins à des courts métrages qu’à des pilotes déguisés.
Akakiri, la tragédie qui appelle une revanche
Dans « Akakiri », produit par Science SARU, tout repose sur une relation brisée. Tsubaki, Jedi solitaire, aide son amie de longue date, la princesse Misa, contre un Seigneur Sith infiltré dans la famille royale. Puis tout bascule.
Le cœur de l’épisode, c’est son sacrifice. Pour sauver Misa, Tsubaki accepte de devenir l’apprenti de Masago. La dernière image, avec Misa qui regarde partir celui qu’elle connaissait, a quelque chose de sec et d’assez cruel. Pas mal de choses restent en suspens, surtout quand on sait que Masago est aussi la tante de Misa. Et Misa n’est pas une princesse décorative, elle se bat, elle tient sa place. On voit très bien la suite.
Screecher’s Reach, un monde trop fort pour rester en suspens
Autre ton, autre studio. « Screecher’s Reach », signé Cartoon Saloon, fait partie des épisodes qui vous restent en tête pour leur image avant même leur intrigue. Le style inspiré de l’art celtique, les décors, ce vaisseau qui s’ouvre comme une fleur, tout sonne juste.
Mais ce n’est pas qu’un exercice esthétique. Daal, enfant exploitée, organise sa fuite en passant l’épreuve imposée par une Sith. Après avoir vaincu une créature dans une grotte, elle laisse ses amis derrière elle pour un avenir plus sombre. C’est une vraie fin ouverte, pas un simple mystère posé pour faire joli. Son face-à-face avec ce maître reste le début de quelque chose, clairement pas la fin.
The Bounty Hunters a déjà la mécanique d’une série
Et puis il y a « The Bounty Hunters », sans doute l’épisode le plus naturellement extensible du lot. Sevn et son compagnon robot IV-A4 fuient d’anciens ennemis tout en cherchant du travail, avec au passage une mission de sauvetage d’enfants réduits en esclavage par une figure corporatiste franchement sinistre.
Le duo fonctionne tout de suite. IV-A4 est un droïde médical équipé d’un protocole d’assassin qui lui grille peu à peu les circuits, tandis que Sevn est hantée par des rêves liés à un mystérieux Jedi de son passé. Aucun de ces fils n’est bouclé, et la promesse finale est limpide, elle veut retrouver ce Jedi. En gros, l’épisode a déjà la structure d’une série.
Si Disney continue d’étendre Visions, l’enjeu dépasse la simple nostalgie. Il s’agit de voir si Star Wars accepte enfin de laisser respirer, sur la durée, ses idées les plus libres.