En bref
- Lucas croyait Star Wars condamné
- Spielberg a échangé 2,5% des recettes
- Le pari lui a rapporté très gros
On retient souvent Star Wars comme une machine parfaitement lancée. En réalité, l’un de ses créateurs pensait surtout limiter les dégâts. Et c’est là que l’histoire devient très hollywoodienne, un pari entre amis a déplacé des dizaines de millions.
Deux blockbusters, deux niveaux de confiance
Au milieu des années 1970, George Lucas tourne Star Wars, futur A New Hope, après avoir échoué à obtenir les droits de Flash Gordon. Le projet inquiète presque tout le monde. Tous les studios refusent, sauf 20th Century Fox, poussé par le producteur Alan Ladd Jr.. Puis le tournage s’enlise, problèmes de décors, script compliqué, studio prêt à couper court. Pas idéal.
En face, Steven Spielberg arrive avec un tout autre rapport de force. Après le carton de Jaws, il prépare Close Encounters of the Third Kind avec le soutien de Columbia Pictures, qui accepte un budget d’environ 18 millions d’euros (19,4 millions de dollars). Star Wars, lui, finit autour de 10 millions d’euros (11 millions de dollars), et encore, Fox n’avait pas envie d’aller si loin.
Lucas pensait au flop, Spielberg voyait un raz-de-marée
Ce décalage est presque le vrai sujet. Lors d’un échange public en 2015, George Lucas a raconté qu’il ne croyait pas au succès du film. Il montrait des images préliminaires à ses amis, et la réaction ressemblait surtout à de la compassion.
Un seul homme y croit vraiment, Steven Spielberg. D’après Lucas, quand les autres doutaient, son ami s’est levé pour annoncer que ce serait le plus grand film de tous les temps. Les autres l’ont regardé comme s’il se trompait autant que le réalisateur lui-même.
Le pari à 2,5% qui a tout changé
Lors d’une visite sur le plateau de Close Encounters, Lucas panique encore plus. Il voit l’ampleur du tournage de Spielberg et se persuade que son propre film ressemble à un petit film pour enfants. Du coup, il propose un échange simple, 2,5% de Star Wars contre 2,5% de Close Encounters.
Spielberg accepte. Pour Lucas, c’est presque une assurance psychologique. Si Star Wars coule, l’autre film compensera peut-être. D’autant que, même après des projections encourageantes, le conseil de Fox n’a toujours pas confiance.
Quand Star Wars explose, tout bascule
Sorti le 25 mai 1977, Star Wars: A New Hope surprend d’abord son propre auteur. Lucas, lui, se prépare surtout à partir à la plage à Hawaï avec Spielberg. Quand Alan Ladd Jr. l’appelle pour lui dire, en gros, que le film est un triomphe et que les files d’attente font le tour des blocs, il n’y croit pas immédiatement. Il faut un reportage de CBS, présenté par Walter Cronkite, pour qu’il comprenne enfin l’ampleur du phénomène.
La suite, vous la connaissez moins dans le détail. Star Wars finit à environ 711 millions d’euros (775,4 millions de dollars) au box-office. Grâce à ses 2,5%, Spielberg aurait touché autour de 37 millions d’euros (40 millions de dollars). Lucas, de son côté, a gagné environ 12 millions d’euros (13 millions de dollars) avec Close Encounters. Plus tard, la vente de Lucasfilm à Disney lui rapportera environ 3,7 milliards d’euros (4 milliards de dollars). Mais cette vieille histoire dit quelque chose de plus durable, même les géants de Hollywood peuvent rater complètement la valeur réelle de leur propre création.