Pourquoi l’ouverture de The Odyssey doit autant à Star Wars

Christopher Nolan explique un choix rare dans sa filmographie pour The Odyssey. Une influence venue de Star Wars, discrète mais décisive.

The Odyssey
Image d'illustration. The Odyssey — Universal Pictures / PR-ADN

En bref

  • Christopher Nolan a emprunté une idée à Star Wars
  • Le texte d’ouverture prépare au mélange réalisme et magie
  • Ce choix aide The Odyssey à ne pas perdre son public

Le détail est petit, mais il dit beaucoup. The Odyssey commence par un texte, Christopher Nolan ne fait presque jamais ça, et ce choix vient directement de George Lucas et de Star Wars.

Un carton, mais avec un vrai risque

Sur le papier, The Odyssey avait tout du projet qui peut s’effondrer sous son propre poids. Un budget d’environ 214 millions d’euros (250 millions de dollars), un casting particulièrement chargé, un matériau gigantesque, et en face un public à embarquer tout de suite. Le film a pourtant explosé au box-office et récolté des retours très solides, côté critique comme côté spectateurs.

Mais ce succès raconte surtout autre chose. Adapter un récit pareil dans un seul film, ce n’est pas juste une question d’échelle. Il faut faire tenir la politique, la guerre, le mythe, la magie et le parcours humain sans donner l’impression d’un empilement. C’est souvent là que les grosses fresques coincent.

Le texte d’ouverture, exception chez Nolan

Chez Nolan, cette ouverture fait figure d’ovni. The Odyssey est le seul de ses films à s’ouvrir ainsi, avec la formule « En un temps de magie apparente… ».

En discutant avec Park Chan-Wook, le cinéaste a expliqué qu’une de ses premières grandes expériences de cinéma remontait au premier Star Wars. Il a même raconté que « Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… » lui avait immédiatement appris comment regarder le film. Pas l’histoire, la posture. Le cadre mental, en gros.

Faire entrer le public dans un monde chargé

C’est là que le parallèle devient intéressant. The Odyssey doit installer Pénélope, les prétendants avides, Télémaque et sa quête de réponses, avant même de plonger dans Ulysse et sa guerre. Puis arrivent les géants, les cannibales, les sorcières, et le reste. Beaucoup, très vite.

Nolan dit qu’il cherchait une formule capable d’aider le public à accepter ce monde selon ses propres règles. Il insiste d’ailleurs sur le mot apparent, parce qu’il permet de reconnaître la présence de la magie tout en gardant une forme de traitement réaliste, avec un minimum d’explication. C’est malin. Le film ne demande pas au spectateur de tout croire d’un bloc, il lui indique juste la bonne fréquence.

Pourquoi ce clin d’œil pèse plus qu’un simple hommage

On pourrait voir ça comme un simple salut à George Lucas. Ce serait réducteur. Comme dans Star Wars, ce préambule sert à économiser du doute pour libérer de l’attention. Vous passez moins de temps à contester ce que vous voyez, plus de temps à l’absorber.

Résultat, le monde de The Odyssey paraît déjà vivant, déjà ancien, presque en mouvement avant la première scène. Et pour un film qui devait vendre autant de couches d’un coup, ce n’était pas un gadget de cinéphile. C’était un outil de mise en scène, très simple, très efficace. Ce qui compte maintenant, c’est la leçon plus large, un blockbuster aussi massif peut encore gagner en clarté avec une idée de cinéma vieille comme le Nouvel Hollywood.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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