En bref
- Le Prince de Bel-Air a débuté en 1990
- La série a révélé l’acteur Will Smith
- Son héritage va jusqu’à l’Oscar de 2022
Toutes les sitcoms ne lancent pas seulement une série, elles lancent une trajectoire. Celle de Will Smith, clairement, commence là. Diffusé pour la première fois le 10 septembre 1990, Le Prince de Bel-Air n’a pas juste duré six saisons, il a servi de tremplin à un artiste alors surtout connu pour le hip-hop.
Une sitcom qui faisait déjà autre chose
À l’époque, voir une série centrée sur une famille noire aisée n’avait rien de banal. C’était même le nerf du projet. Le personnage de Will quitte Philadelphie pour aller vivre chez sa tante et son oncle à Bel-Air, loin des ennuis de son quartier d’origine, et ce choc entre deux mondes donne tout de suite sa couleur à la série.
Ce contraste social, presque mécanique sur le papier, produisait en pratique quelque chose de plus fin. D’un côté, la comédie du décalage. De l’autre, une lecture assez rare de la réussite noire à la télévision. Et c’est sans doute pour ça que la série a mieux vieilli que pas mal de ses contemporaines.
L’endroit où Will Smith a prouvé qu’il savait tout jouer
Le plus intéressant, c’est que Will Smith n’arrive pas encore avec une image d’acteur installé. La série devient donc son laboratoire. Face à Carlton, il montre un vrai sens du rythme comique. Avec Ashley, il fait exister une chaleur très simple. Et dans ses échanges avec l’oncle Phil, on voit déjà poindre quelque chose de plus dense.
Le moment qui reste en tête, quand même, c’est l’épisode de la saison 4, « Papa’s Got a Brand New Excuse ». Le père de Will revient, promet, puis repart encore. L’effondrement du personnage marque un basculement, parce que la série rappelle soudain qu’elle peut faire mal, et que son acteur principal peut porter ce registre sans forcer.
Le cinéma a démarré avant même la fin de la série
Pendant que Le Prince de Bel-Air continue, le grand écran commence déjà à s’ouvrir. Les débuts dans Made in America et Where the Day Takes You restent modestes. Puis arrive Bad Boys en 1995, aux côtés de Martin Lawrence, autre visage venu des sitcoms noires. Là, la machine change d’échelle.
Et ce n’était qu’un début. Peu après la fin de la série en 1996, Independence Day confirme le passage au blockbuster avec plus de 727 millions d’euros (plus de 800 millions de dollars) au box-office mondial. Ensuite, on connaît la suite, Men in Black, Ali et une place durable parmi les grandes stars d’Hollywood.
Du retour nostalgique au bouclage avec l’Oscar
La série s’est arrêtée, pas son empreinte. Fin 2020, la réunion du casting sur HBO Max relance l’attachement du public. Dans le même temps, le fan film Bel-Air, salué aussi par Will Smith, débouche sur une nouvelle série.
Mais le plus malin, c’est que Bel-Air ne cherche pas à refaire la sitcom en moins bien. Le reboot choisit le drame, tient quatre saisons, et Smith y participe comme producteur. Au moment où cet univers revient, l’acteur décroche aussi son premier Oscar pour King Richard, où il incarne Richard Williams. Une boucle assez rare, en gros, celle d’une sitcom qui ouvre une carrière, puis accompagne son plus grand sacre des décennies plus tard.