We Bury The Dead, faux film de zombies et vrai pari risqué pour 2026

Avec Daisy Ridley, We Bury The Dead promettait l’apocalypse. Il livre surtout un deuil intime, au risque de perdre une partie du public.

We Bury The Dead
Image d'illustration. We Bury The Dead — The Penguin Empire / PR-ADN

En bref

  • Le film vend mal son vrai ton
  • Daisy Ridley joue une quête de deuil
  • Les zombies y font moins peur

Le premier film de zombies attendu pour 2026 a déjà un problème assez net. Pas sa star, pas son idée, pas même son cadre. Son problème, c’est ce qu’on croit aller voir.

Le vrai problème, c’est la promesse vendue au public

Présenté comme un thriller apocalyptique tendu, We Bury The Dead prend en réalité une autre route, beaucoup plus lente, beaucoup plus mélancolique. Et c’est là que le malentendu commence. La critique suit plutôt bien, avec 83 % sur Rotten Tomatoes, mais le public décroche davantage, à 47 %.

Ce fossé n’a rien d’abstrait. Il dit simplement qu’une partie des spectateurs s’attendait à des attaques, du rythme, une pression constante, et tombe sur un film qui regarde surtout le chagrin en face. Le parallèle avec It Comes at Night, en 2017, revient assez vite. Même genre de promo, même sensation de décalage.

En Tasmanie, l’apocalypse ressemble surtout à une immense veillée funèbre

Direction la Tasmanie, frappée par une expérience gouvernementale américaine ratée. Le résultat est étrange, presque figé. Des humains, mais aussi des animaux, errent sans esprit, comme vidés, dans des rues transformées en nécropole à ciel ouvert.

Au milieu, Daisy Ridley incarne Ava Newman. Son personnage cherche son mari, disparu pendant un voyage d’affaires. En parallèle, elle rejoint les autorités pour participer au nettoyage de la ville. Dit autrement, le film ne suit pas une survivante qui repousse des vagues de morts-vivants, il suit une femme qui avance dans un monde déjà mort pour retrouver quelque chose, ou quelqu’un, à quoi se raccrocher.

Un film de zombies qui parle surtout du deuil

Bon, il y a bien des zombies. Mais pas selon la mécanique habituelle. Seules quelques créatures s’animent vraiment comme dans les classiques du genre, façon The Walking Dead ou Dawn of the Dead. Le reste inspire davantage la tristesse que la peur.

Le film compte seulement trois attaques vraiment notables. C’est peu, forcément, pour un public venu chercher de l’horreur frontale. À la place, le récit préfère l’introspection, la solitude, et ce travail de deuil qui colle au personnage d’Ava. Une scène résume assez bien l’ensemble, celle où elle croise un zombie en train de creuser sa propre tombe. Image forte, un peu glaçante, mais surtout très claire sur l’intention.

Le pari est donc assez net. We Bury The Dead utilise le zombie moins comme menace que comme miroir. C’est cohérent, même plutôt bien tenu sur le principe. Mais quand la campagne vend autre chose, la réception se complique vite.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi le public réagit-il plus froidement que la critique ?

La différence semble venir surtout des attentes. Des critiques peuvent apprécier un film pour sa proposition, son ton ou sa manière de tordre un genre. Le public, lui, juge aussi très vite l’écart entre ce qui était promis et ce qui est à l’écran. Ici, cet écart paraît central.

Le film est-il vraiment un film de zombies ?

Oui, mais dans une version détournée. Les morts-vivants sont bien là, le cadre apocalyptique aussi, sauf que le film n’utilise pas ces éléments comme moteur principal de l’action. Il s’en sert pour raconter autre chose, en l’occurrence le deuil et l’isolement.

Que signifie l’exemple d’It Comes at Night ?

C’est une comparaison utile parce qu’elle renvoie à un précédent connu. Ce film avait lui aussi été vendu comme une expérience d’horreur plus directe qu’il ne l’était réellement. Quand la promo appuie trop fort sur la peur ou la tension, le retour de bâton peut être brutal.

Quel rôle joue vraiment Daisy Ridley dans le film ?

Elle porte clairement le projet. Le personnage d’Ava Newman sert de point d’entrée dans ce monde figé, et tout passe par sa quête, son manque, sa manière d’avancer dans une catastrophe qui est autant intime que collective.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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