La Banque Centrale chinoise, futur Big Brother des métavers ?

La Banque populaire de Chine veut garder un œil sur tous les projets autour de la crypto et la blockchain. Le futur Big Brother des métavers pourrait être chinois.

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser il y a quelques années, la Chine n’a pas interdit purement et simplement les technologies modernes, mais elle veut garder le contrôle sur tout ce qui est utilisé et utilisable dans son pays. Les caméras à reconnaissance faciale sont aujourd’hui légion dans l’Empire du milieu et le crédit social régit les citoyens, pour un contrôle exacerbé dans le monde réel des citoyens. La Chine semble vouloir faire de même dans les univers virtuels des métavers. C’est en tous les cas le projet de la Banque populaire de Chine (PBoC).

La Banque populaire de Chine veut garder un œil sur tous les projets autour de la crypto et la blockchain

Ces derniers mois, la Chine a pris des mesures fortes contre les cryptos : bannissement de toutes les plates-formes d’échanges de crypto-monnaies entre 2017 et 2018, interdiction du minage de Bitcoin (BTC) en juin 2021 puis d’Ethereum (ETH) fin septembre. Il est donc assez logique, finalement, que le Parti communiste chinois souhaite étendre son contrôle sur tous les projets évoluant autour de la crypto et de la blockchain. Selon les propres mots du directeur de l’unité de lutte contre le blanchiment d’argent de la Banque Populaire de Chine, Gou Wenjun : « Nous devons maintenir un niveau de vigilance élevé et constant, examiner l’évolution des actifs numériques et le développement de leurs technologies sous-jacentes. »

Le futur Big Brother des métavers pourrait être chinois

Ainsi, le cadre de la PBoC semble craindre les projets autour du métavers et des NFT, lesquels pourraient « facilement » devenir des outils de blanchiment d’argent : « il faut renforcer la surveillance et l’analyse des transactions d’actifs numériques […] Les banques et les établissements de paiement, en tant que lien d’échange entre la monnaie légale et les actifs numériques, devraient authentifier les deux parties prenant part à la transaction [en crypto-actifs] avec de vrais noms ».

L’objectif, pour la Chine, est finalement toujours le même : faire disparaître les notions de vie privée et de confidentialité. Toute transaction crypto devant donc pouvoir être tracée, transparente et les participants dûment identifiés. La Chine serait même prête, toujours selon Gou Wenjun, à « approfondir le partage d’informations et la coopération en matière d’enquête » avec plus de 60 agences étrangères. Faire disparaître les cryptos décentralisées pour préparer l’arrivée de sa propre monnaie numérique de banque centrale, le yuan numérique, voilà le grand projet de la Chine. Y parviendra-t-elle ?

Morgan Fromentin

Spécialiste Fintech

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Chine

Lisez Begeek en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.

Begeek · 17 Fév · 12h21

La stratégie des fintechs pour séduire les joueurs au Luxembourg

À côté des banques et systèmes financiers traditionnels, il y a une catégorie d’acteurs qui bousculent les codes dans le but de simplifier les paiements au maximum : les fintechs. Pour toucher leur cible, constituée en grande partie de jeunes, ils se tournent vers les canaux via lesquels avoir toute leur attention. Aujourd’hui, les jeux en ligne constituent l’un des canaux les plus puissants.