En bref
- Kyle MacLachlan a revu son propre Dune dans le nouveau
- David Lynch n’a pas voulu regarder les adaptations récentes
- L’échec de 1984 a mené à Blue Velvet
Revoir un rôle que quelqu’un d’autre rejoue quarante ans plus tard, ce n’est pas juste un exercice de comparaison. Pour Kyle MacLachlan, les films de Denis Villeneuve ont eu un effet plus troublant que ça. En regardant le nouveau Dune, l’acteur a expliqué à GQ qu’il n’avait pas vraiment l’impression de regarder le film, mais d’être encore un peu dedans. Une sensation étrange, et franchement assez parlante.
Quand revoir Paul Atréides réactive un vieux tournage
Face à Timothée Chalamet dans le rôle de Paul Atréides, MacLachlan dit avoir été rattrapé par une vague de nostalgie. Pas seulement l’idée générale du film. Des détails très précis lui sont revenus d’un coup, le costume, les mouvements de caméra, jusqu’aux choix de démarche qu’il avait faits à l’époque.
Il résume ça en disant « J’étais très nostalgique », puis raconte que tout lui est revenu de manière totalement inattendue. On voit bien ce que ça signifie, au fond. Les nouvelles adaptations ne remplacent pas l’ancienne dans sa mémoire, elles la réveillent.
Le grand écart entre le Dune de 1984 et celui d’aujourd’hui
Là où le contraste saute aux yeux, c’est sur l’ampleur. MacLachlan trouve très impressionnante l’échelle atteinte par les films de Villeneuve, rendue possible par les outils numériques actuels. Mais il ne renie rien de la version de 1984.
Il se souvient d’un ver des sables bricolé, une tranche de ver placée sur le côté d’un wagon, qu’il devait poursuivre avec un crochet. Du low-fi, en gros. Son récit n’a rien d’une moquerie. Il parle de son Dune, avec des souvenirs presque tendres, comme on repense à une machine imparfaite mais marquante.
David Lynch n’a pas voulu voir les nouveaux films
Sur ce point, MacLachlan ne tourne pas autour du pot. À propos de David Lynch, il dit « Il ne voulait pas les voir. Non, ça ne l’intéressait pas ». Résultat, assez net.
Il ajoute même ne pas être sûr que le réalisateur ait vu beaucoup de ses autres rôles, tant Lynch l’associait à Agent Cooper. Il l’appelait souvent Coop. Vu l’histoire compliquée du Dune de 1984, considéré par le cinéaste comme son seul échec, cette distance n’a rien d’étonnant.
Un faux départ devenu tournant de carrière
Le paradoxe est là. Le flop de Dune n’a pas lancé une saga au cinéma, alors qu’un troisième film de Villeneuve est attendu en décembre, si le calendrier ne bouge pas à cause de Avengers: Doomsday. En revanche, ce premier duo entre Lynch et MacLachlan a ouvert la voie à Blue Velvet.
Et ce film-là a compté bien davantage pour leurs trajectoires respectives. Blue Velvet a fixé des marqueurs essentiels du style de Lynch et donné à MacLachlan un rôle bien plus structurant que d’hypothétiques suites contractuelles à Dune. Comme souvent à Hollywood, l’œuvre qui échoue sur le moment laisse parfois la trace la plus durable, juste pas à l’endroit qu’on attendait.