En bref
- Une série culte reste absente du streaming
- Elle a lancé des artisans clés de Tim Burton
- Cinq spéciaux ont été produits entre 1995 et 1999
On peut encore tomber dessus via de vieux scans VHS sur YouTube, pubs comprises. Et c’est presque absurde, quand même, pour une série qui a compté dans l’histoire de la stop-motion britannique et dans le parcours de talents ensuite liés à Tim Burton, Wes Anderson ou Guillermo del Toro.
Un petit phénomène devenu invisible
Les spéciaux Cabbage Patch Kids ont bien eu droit au DVD. Mais jamais au streaming. Résultat, cette curiosité des années 1990 survit surtout par circulation parallèle, alors qu’elle traîne une vraie réputation de série attachante, drôle et très musicale.
Le plus ironique, c’est que l’un de ses morceaux a dépassé le programme lui-même. Rosie O’Donnell adorait tellement « Ils pensent que je suis folle (un peu de préparation) », composé par Dave Cooke, qu’elle l’avait ajouté à la console sonore de son talk-show pour chanter dessus. Pas une campagne savamment huilée, juste un emballement spontané.
Comment des poupées ont trouvé leur voie en stop-motion
Bien avant ça, les Cabbage Patch Kids étaient un totem commercial des années 1980. Créées par Xavier Roberts, avec leurs visages poupins et leurs certificats de naissance, ces poupées déclenchaient des ruées en magasins à Noël. On retrouve déjà là la logique des futurs objets de collection, des Beanie Babies à Pokémon.
Au début des années 1990, leur propriétaire, Original Appalachian Artworks, confie à un petit studio britannique, Famous Flying Films, une série de spéciaux vidéo pour BMG. Le studio n’a pas encore un gros pedigree. Il s’appuie alors sur Mackinnon et Saunders, société fondée par deux anciens de Cosgrove Hall, Ian Mackinnon et Peter Saunders, pour fabriquer des marionnettes fidèles au design de la gamme.
Cinq spéciaux, une vraie ambition d’animation
Entre 1995 et 1999, cinq films sortent. On y suit une bande d’enfants qui vont à l’école, montent une cabane, tournent un film, puis finissent aussi par pousser la chansonnette et danser. Dit comme ça, ça paraît léger. À l’écran, c’était beaucoup plus soigné.
The New Kid, The Clubhouse et The Screen Test ont même été réunis dans un coffret baptisé Cabbage Patch Kids Film Festival. Le troisième, sorti le 30 septembre 1997, sert souvent de point de repère. Les histoires restaient simples, parfois un peu loufoques, mais avec des enjeux crédibles pour leur jeune public.
Surtout, l’animation impressionnait. Famous Flying Films avançait à peine de 6 secondes par jour sur des courts de 25 minutes. Les ventes ont suivi, assez pour commander deux autres volets, un par an seulement, jusqu’à Saturday Night puis un spécial de Noël en 1999.
Le vrai héritage passe par Burton, Anderson et del Toro
À l’époque, la presse britannique saluait un travail jugé « expressif, presque parfait ». Ensuite, Famous Flying Films signera The Koala Brothers. Mais le sillage le plus parlant, c’est celui de Mackinnon et Saunders.
Le duo participera à Mars Attacks, avant de concevoir plus de 200 marionnettes pour Corpse Bride, nommé aux Oscars. Puis viendront Fantastic Mr. Fox et Pinocchio. Et Ian Mackinnon avait déjà une nomination aux Oscars en 1993 pour The Sandman. Bref, derrière un objet aujourd’hui presque caché, on retrouve une pièce discrète mais très solide de l’histoire récente de l’animation image par image.