En bref
- Le nombre 13 semble sélectionner, pas tuer
- Constance réunit 13 femmes pour un rituel
- Mr. Nas change après chaque série de morts
Ce début de saison d’American Horror Story ressemble à un grand crossover pour fans. En réalité, les trois premiers épisodes installent quelque chose de plus précis, un rituel. Et c’est là que la saison 13 devient intéressante, malgré son flou très calculé.
Une saison qui cache sa mécanique
Le retour du casting historique a fait remonter les attentes autour d’American Horror Story, après plusieurs saisons jugées plus inégales et une audience en baisse. Sauf que les premières réactions ont surtout parlé d’une chose, la confusion. Qui est Mr. Nas ? Pourquoi ce 13 partout ? Et comment Constance peut-elle être là ?
Mais cette confusion a une explication assez simple. On regarde tout par les yeux de Ben DeSoto, un personnage qui ne comprend rien à ce qui lui arrive. La série ne pose donc pas ses règles d’emblée, elle les distille, comme souvent chez Ryan Murphy et Brad Falchuk.
Le crash, Mr. Nas et la loi du 13
Les trois premiers épisodes avancent en escalier. Le premier lance le problème, le deuxième dessine un motif, le troisième relie plusieurs points.
Ben souffre de triskaïdékaphobie, la peur du nombre 13. Sa compagne Kira, elle, veut fêter son anniversaire avec 13 amis et exige sa présence. Il finit par accepter. Mauvaise idée, le voyage se termine par un crash d’avion, presque tout le monde meurt, et Ben s’en sort quasiment seul.
Après ça, il décroche un poste de gardien de nuit chez Mr. Nas, un patient installé au 13e étage de l’immeuble Apollyon. Le personnage a des cornes, une queue et une allure franchement démoniaque. Surtout, il semble lié aux décès. Après le crash, il vomit une substance noire, et la série montre des réactions comparables après d’autres morts, notamment celles provoquées par Twisty le Clown. Il ne tue peut-être pas, il reçoit peut-être quelque chose.
Constance remet les morts en circulation
Le vrai trouble commence quand Constance apparaît comme aide de jour de Mr. Nas. Dans Murder House, elle survivait. Dans Apocalypse, elle choisissait pourtant l’au-delà après l’arc de Michael. La piste la plus logique, c’est le retour dans le temps provoqué par Mallory, sans certitude sur ce qui a été effacé ou conservé.
Et la série en rajoute. Adelaide, Tate, Kai Anderson et Winter, tous morts auparavant, réapparaissent. Dans l’épisode 3, Rauhnacht, Constance semble organiser une fête très particulière pour rassembler 13 femmes, avec aussi Elizabeth Short, la Black Dahlia. Ce choix n’a rien d’aléatoire. Le titre renvoie à une période où la frontière entre le monde des vivants et le surnaturel s’affaiblit.
Apollyon ressemble à une carte de l’enfer
Le plus parlant, au fond, c’est la façon dont le 13 agit. Lors du crash, Ben survit en siège 13F, sans une égratignure. Une autre survivante se trouvait en 13B. Le nombre ne punit pas, il sélectionne.
L’immeuble Apollyon compte aussi. Son nom renvoie à la destruction dans l’imagerie biblique, dans Révélation 9:11, avec Abaddon, The Destroyer, l’ange de l’abîme. Mr. Nas, présenté d’abord comme âgé de 87 ans, voit ensuite ses biomarqueurs le faire paraître 89, puis Constance commence à le traiter comme s’il en avait déjà 90. Chaque groupe de 13 morts semble accélérer sa transformation.
Le décor insiste lourdement, quand même. Mr. Nas vit tout en haut, au 13e étage entouré de symboles démoniaques, tandis que le sous-sol abrite le Club Hell. Entre les deux, l’immeuble ressemble à un abîme vertical. Et Ben, qui a survécu au crash, pourrait bien être lié au même phénomène, ce qui relance la théorie du nouvel Antéchrist aperçue après la fin de Michael dans Apocalypse. À moyen terme, c’est sûrement ça le vrai sujet de la saison, moins le retour des morts que l’architecture d’un plan beaucoup plus vaste.