Star Wars doit beaucoup à Phantasm, saga culte née loin des studios

Née en 1979 avec trois fois rien, la saga Phantasm a laissé une trace bien plus large qu’on le croit. Jusqu’à inspirer J.J. Abrams et Star Wars.

Phantasm
Image d'illustration. Phantasm — Phantasm / PR-ADN

En bref

  • Phantasm fête ses 47 ans
  • Star Wars lui doit un hommage visuel
  • Coscarelli a gardé sa saga en main

Il y a des influences qui sautent aux yeux, et d’autres qu’on ne voit qu’après coup. Celle de Phantasm sur Star Wars entre clairement dans la deuxième catégorie. La saga d’horreur lancée par Don Coscarelli le 28 mars 1979 continue pourtant de peser, au point d’être saluée aujourd’hui par l’univers de J.

J. Abrams.

Une empreinte visible jusque dans Star Wars

Le lien n’a rien d’anecdotique. Grand admirateur de Phantasm, J.

J. Abrams a participé à la restauration du film original via Bad Robot. Et l’hommage va plus loin, puisqu’une partie du design de Captain Phasma dans Star Wars : Le Réveil de la Force reprend l’allure des fameuses sphères chromées de la saga.

Vous voyez l’idée. Un objet culte de l’horreur indépendante qui finit par contaminer l’esthétique d’un mastodonte du blockbuster. Le contraste est fort, et il dit pas mal de choses sur la force visuelle de Phantasm.

Une saga bricolée, puis devenue immense

À l’origine, il n’y avait pourtant rien d’un projet taillé pour régner. Le premier film a été produit avec environ 276 000 euros (300 000$), grâce à des investisseurs locaux. Il en a rapporté plus de 20 millions d’euros (22 millions$) à sa sortie, soit l’équivalent d’environ 95 millions d’euros aujourd’hui (103 millions$).

Le film envoie Mike Pearson, son frère Jody et leur ami Reggie dans une petite ville de l’Oregon, face au Tall Man, croque-mort monstrueux, à ses sphères meurtrières et à ses serviteurs venus d’une autre dimension. Résultat ? Un mélange de surnaturel, de bizarre et d’énigme qui ne ressemble pas à grand-chose d’autre dans le cinéma d’horreur américain.

Le vrai miracle, c’est la liberté de Coscarelli

Ce qui rend Phantasm vraiment rare, ce n’est pas seulement son univers. C’est sa cohérence. Don Coscarelli a signé les quatre premiers volets et gardé un rôle de supervision sur le cinquième. Dans une industrie où les franchises passent souvent d’une main à l’autre, ce suivi presque intégral reste exceptionnel.

Les suites n’ont pas toutes été accueillies avec le même enthousiasme, clairement. Mais la série a gardé une logique interne, une voix, une manière de raconter qui accepte le flou au lieu de tout expliquer. C’est aussi pour ça qu’un noyau dur de fans lui reste fidèle.

Et c’est là que Phantasm compte encore. Pas seulement comme une curiosité culte, mais comme la preuve qu’une saga d’auteur, libre et parfois déroutante, peut marquer durablement Hollywood.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi Phantasm est-il considéré comme une saga culte ?

Parce que la série a construit un imaginaire très identifiable avec peu de moyens. Le Tall Man, les sphères, la narration volontairement opaque, tout ça a créé une signature visuelle et narrative forte. Ce n’est pas un succès populaire massif à la manière des grandes franchises, mais une œuvre qui reste en tête chez ceux qui l’ont découverte.

Quel est le rôle exact de J.

J. Abrams dans cet héritage ?

Il ne s’est pas contenté d’aimer les films. Avec Bad Robot, il a aidé à restaurer le long-métrage original, ce qui revient à lui offrir une nouvelle visibilité. Et son hommage dans Star Wars montre que l’influence de Phantasm dépasse largement le cercle de l’horreur.

Qu’est-ce qui rend la trajectoire de Don Coscarelli si rare ?

Dans les franchises américaines, un univers est souvent repris, corrigé ou relancé par plusieurs équipes. Ici, Coscarelli est resté la figure centrale pendant presque toute la saga. Cette continuité explique en partie pourquoi l’ensemble garde une personnalité si nette, même quand tous les films ne se valent pas.

Pourquoi cette histoire reste importante pour le cinéma fantastique ?

Parce qu’elle rappelle qu’une franchise peut naître en marge des grands studios et laisser quand même une trace durable. Phantasm défend une idée simple, mais précieuse, du cinéma de genre : une vision forte peut survivre au temps, et même influencer les géants du divertissement.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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