En bref
- Guillermo del Toro dit non aux adaptations de jeux
- Sa tentative sur BioShock a mal tourné
- Le passage du jeu au film reste compliqué
Guillermo del Toro ne veut plus toucher aux adaptations de jeux vidéo pour le cinéma. Et cette fois, la formule est limpide. Interrogé par IGN, le cinéaste a répondu « jamais », avant d’en remettre une couche avec un « non, absolument pas » qui ne laisse pas beaucoup de place à l’interprétation.
Le plus intéressant n’est pas le refus lui-même. C’est ce qu’il raconte de la mécanique derrière. Guillermo del Toro explique qu’il a bien essayé, une fois, avec BioShock. Et que quelques appels professionnels liés au projet ont compté parmi les plus désastreux de sa carrière. Résultat, il a rangé l’idée au placard.
Un non qui part d’un échec très concret
On pourrait croire qu’un univers comme Silent Hill ou même Shadow of the Colossus collerait parfaitement à son cinéma, avec ses monstres, ses matières, ses espaces sombres. Sur le papier, oui. Dans la vraie vie, BioShock a suffi à le refroidir pour de bon.
Ce point compte, parce qu’il ne dit pas que les films tirés de jeux ne devraient pas exister. Il dit, plus simplement, que lui n’y retournera pas. Nuance importante.
Le vrai problème, c’est la grammaire du jeu vidéo
Pour Guillermo del Toro, un jeu et un film peuvent se ressembler visuellement, caméra en mouvement, ambition cinématographique, mise en scène. Mais la narration ne fonctionne pas pareil. Dans un jeu, le joueur résout, assemble, choisit, ou du moins croit choisir.
Il l’illustre avec InSane, son projet de trilogie annoncé en 2010. Lui parlait d’un « mandala », une structure qui donne l’illusion d’un immense bac à sable tout en ramenant progressivement le joueur vers le récit principal. En gros, on vous laisse bifurquer, mais le jeu serre quand même la vis au bon moment. Transformer ça en film, c’est une autre affaire.
Son histoire avec le jeu vidéo n’a jamais vraiment décollé
Avant même BioShock, il y avait InSane. Le projet devait être un survival horror en trois volets. Deux ans plus tard, annulation. Puis faillite de THQ. La propriété intellectuelle est finalement revenue à Guillermo del Toro, au cas où il voudrait recycler ses monstres ailleurs.
Et il y a eu aussi un jeu Silent Hill annulé sur lequel il avait travaillé. Vu l’enchaînement, on comprend mieux le « never again », son « plus jamais » appliqué cette fois à la création d’un nouveau jeu.
BioShock reste un casse-tête, même sans lui
Le cas BioShock ne bloque pas seulement chez Guillermo del Toro. Gore Verbinski a lui aussi été attaché au film, avant de buter sur un problème beaucoup plus terre à terre, le budget. Il voulait conserver une classification R, mais sans les moyens nécessaires, ça coinçait.
Depuis au moins quatre ans, Netflix travaille encore sur sa propre adaptation, avec Francis Lawrence à la réalisation. Sauf qu’aucun début de production n’est en vue, et qu’une réduction de budget a déjà eu lieu. Pas de quoi enterrer définitivement le projet. Mais assez pour rappeler une chose, adapter un jeu culte au cinéma, ce n’est pas juste reprendre son décor. C’est réinventer son langage.