En bref
- Gemini devient trop complexe, avec plusieurs fonctions et noms qui compliquent l’utilisation.
- Des outils comme Spark et Daily Brief sont utiles, mais devraient fonctionner automatiquement sans obliger l’utilisateur à choisir un mode.
- Google pourrait s’inspirer d’Apple et des assistants par message, pour proposer une IA plus simple, naturelle et intégrée au quotidien.
Dans l’application Gemini de Google, vous ne parlez pas juste à une IA. Il faut encore comprendre si votre demande relève du chat, de Spark ou de Daily Brief. Et c’est précisément le genre de friction qu’un assistant censé simplifier la vie ne devrait pas créer.
Trop de noms, pas assez de fluidité
Google explique en substance qu’on ne devrait pas avoir à deviner si une tâche demande Spark, un Daily Brief ou une recherche rapide dans la boîte mail. L’intention est bonne. Le problème, c’est que l’appli fait exactement l’inverse en mettant ces fonctions à part, chacune avec son icône et sa place dans la navigation.
Résultat, l’expérience se charge inutilement. On sent presque l’architecture interne de l’outil remonter à la surface, comme si l’utilisateur devait voir les coutures. Et ça raconte aussi autre chose : Gemini cherche encore sa fonction évidente, celle qui donne envie d’y revenir sans réfléchir.
Daily Brief sonne malin, mais l’effet peut vite déraper
Le cas Daily Brief résume bien le malaise. Sur le papier, c’est un agenda dopé à l’IA, avec des mises à jour proactives et personnalisées à partir des données de Gmail et de Google Calendar. Dit comme ça, ça coche toutes les cases du produit intelligent.
Sauf qu’en pratique, l’outil ne distingue pas vraiment ce qui est urgent, utile ou mémorable du reste. Il peut pousser à reprendre une recherche commencée dans le chatbot, ou pire, rappeler d’anciennes recherches Google. Là, on ne parle plus d’assistance. On parle d’un petit côté intrusif, quand même.
Spark est utile, justement parce qu’il ne devrait pas être une marque
À l’inverse, Spark part d’une meilleure idée. C’est la partie de Gemini capable d’agir pour vous, pas seulement de répondre. Clairement, c’est l’un des usages les plus concrets de l’appli.
Mais pourquoi lui coller une identité séparée ? Un utilisateur grand public ne devrait pas avoir à choisir dans quel coin de l’app il doit entrer. Il tape sa demande, point, et l’IA décide si elle doit lancer un agent ou non. C’est le comportement attendu. Pas un mini labyrinthe de labels.
Le problème dépasse Google, et Apple joue une autre carte
Le plus intéressant, c’est que Google n’est pas seul. Chez Anthropic, il faut penser à « chat » ou à « cowork » dans Claude, et jusqu’à cette semaine ces deux modes ne partageaient même pas la mémoire des échanges passés. Même logique chez ChatGPT, avec le va-et-vient entre « Chat » et « Work ». En gros, l’industrie montre ses tuyaux au lieu de les cacher.
Pendant ce temps, l’approche plus discrète d’Apple avec Siri peut marquer des points. L’idée n’est pas de vous apprendre une nouvelle interface, mais de rendre plus malins des outils déjà là, comme Spotlight Search, l’app Photos, l’appareil photo de l’iPhone ou les requêtes vocales à Siri. C’est moins spectaculaire, mais nettement plus naturel.
Même logique pour les services IA par texto, de Poke à Instinct, en passant par Ollie, Lindy, Lucas, Folk, Tomo ou Orchid. Justine Moore, partenaire d’investissement chez a16z, l’a résumé ainsi : « Les gens ne veulent pas ouvrir une appli chaque fois qu’ils ont besoin d’aide, ils veulent un contact à qui envoyer un message comme à un ami. Et l’étalon-or, c’est iMessage ». Difficile de faire plus clair.