En bref
- Denis Villeneuve dit être fatigué de Dune
- Dune 3 sautera 17 ans
- Bond doit l’éloigner d’Arrakis
Le plus intéressant, dans cette histoire, n’est pas que Dune continue. C’est que Denis Villeneuve explique qu’après avoir porté la saga pendant plus de cinq ans, il avait besoin de s’en arracher.
Le paradoxe d’un succès qui épuise
Avec Dune en 2021 puis Dune: Part Two en 2024, Villeneuve a fait ce que peu de cinéastes ont réussi avant lui: transformer un roman réputé presque impossible à adapter en grande franchise de studio. Le résultat pèse lourd, plus d’un milliard de dollars au box-office et quinze nominations aux Oscars. Pas mal, quand on parle d’un univers longtemps jugé trop dense, trop étrange, trop massif pour le grand public.
Mais le réalisateur ne présente pas Dune: Part Three comme un simple retour enthousiaste. Il dit, très franchement, qu’il était fatigué. Et qu’il voulait rester dur avec la matière, ne pas devenir complaisant. Il résume cette sensation ainsi: « Je veux m’assurer que je serai sévère avec le matériau ». Puis il ajoute qu’une fois ce travail terminé, il lui faudrait une fusée très puissante pour l’éloigner d’Arrakis. Cette fusée, pour lui, c’est Bond.
Un bond de 17 ans pour casser le rythme
Là où beaucoup imaginaient une reprise immédiate après la fin de Dune: Part Two, le troisième film va couper net. Villeneuve prévoit un saut de dix-sept ans.
On retrouvera donc Paul à un autre moment de son règne, pleinement installé comme empereur de la galaxie, avec derrière lui la trace d’une tyrannie déjà bien ancrée. Le cinéaste promet le même ADN que les deux premiers films, mais avec un film très différent, et surtout un rythme différent. Dit autrement, il ne veut pas refaire la même montée en puissance une troisième fois.
Les mêmes visages, un monde mentalement méconnaissable
Ce décalage n’est pas qu’un effet de scénario. Il sert surtout à montrer des personnages qui ne regardent plus le monde de la même façon.
Villeneuve explique qu’on reviendra bien vers les mêmes figures, sauf que tout a changé autour d’elles, et en elles. Leurs psychés ont basculé, leur perception du réel aussi. Quant à Paul, il vit avec le poids de ce qu’il a créé et cherche une issue à cette spirale de violence. Clairement, le cœur du film sera moins la conquête que l’après, ce moment où le pouvoir devient une charge.
Pourquoi cette franchise dit quelque chose de rare
Ce qui frappe, au fond, c’est l’honnêteté du discours. Les réalisateurs de franchises parlent souvent d’élan, d’amour du monde, de continuité. Villeneuve, lui, admet l’usure. Et cette usure devient presque une clé de lecture pour Dune 3.
Son détour annoncé par James Bond ne dit pas encore à quoi ressemblera ce film-là. Mais il révèle une envie de contraste. Après les années passées dans la poussière, la prophétie et la gravité d’Arrakis, il cherche visiblement autre chose. Pour vous, spectateurs, c’est peut-être l’info la plus importante: la suite de Dune ne veut pas seulement prolonger une saga, elle veut la regarder avec davantage de distance. Et ça, pour une franchise de cette taille, c’est assez rare.