En bref
- Paul W.S. Anderson adapte deux romans spatiaux horrifiques
- Retour assumé à l’ombre d’Event Horizon
- Le projet est encore en développement
Il y a des cinéastes qu’on attend là où ils surprennent. Et puis il y a ceux qu’on retrouve là où ils ont laissé une vraie trace. Paul W.S. Anderson va adapter Nether Station et Nether Vortex, deux romans de Kevin J. Anderson, et le plus intéressant n’est pas seulement l’annonce. C’est le fait qu’il revienne, près de trente ans après Event Horizon, à la terreur cosmique.
Un retour qui a du sens
Pour beaucoup, Event Horizon reste son film le plus marquant. Pas forcément le plus prestigieux sur le papier, mais celui qui a installé une peur très particulière, celle du vide spatial comme gouffre mental autant que physique. Voir Paul W.
S. Anderson revenir vers ce registre n’a donc rien d’anecdotique.
Cette fois, il est attaché à l’adaptation de deux livres publiés chez Weird Tales, un label de Blackstone Publishing. Et il ne fera pas que réaliser l’ensemble créatif du projet côté cinéma, puisqu’il produira aussi avec son collaborateur de longue date Jeremy Bolt.
Deux romans, une héroïne et une piste vers l’inconcevable
Au centre de l’histoire, il y a Cammie Skoura, décrite comme une jeune scientifique neurodivergente embarquée dans une expédition au fin fond de l’espace. Sur sa route, une série de ruines anciennes, des civilisations extraterrestres disparues depuis longtemps, puis une découverte annoncée comme littéralement dévastatrice pour l’esprit.
Sur le papier, ça coche pas mal de cases du genre. Mais ce qui peut faire la différence, c’est justement ce point de vue, celui d’un personnage central présenté comme singulier, pas comme un simple avatar de film de studio. Bon, tout dépendra évidemment de l’écriture.
Un duo Anderson qui se répond
Le détail qui rend l’ensemble assez cohérent, c’est que Kevin J. Anderson revendique directement l’influence d’Event Horizon sur Nether Station. Il explique que l’espace lui inspire une peur profonde, celle d’être seul dans un froid noir absolu, et qu’il a injecté ses angoisses et sa paranoïa dans le roman. Il ajoute qu’il n’imaginait pas meilleur réalisateur que Paul W.S. Anderson pour porter ce projet.
De son côté, Paul W.S. Anderson dit admirer le travail de l’écrivain depuis longtemps. Il raconte avoir lu Nether Station, les épreuves de sa suite, puis longuement échangé avec lui sur l’expansion de cet univers terrifiant. Ce qu’il met en avant, c’est une horreur cosmique lovecraftienne vécue à travers Cammie Skoura, avec, selon lui, tous les ingrédients d’un cinéma vraiment inquiétant.
Une adaptation déjà bien entourée
Le scénario est confié à Jonathan Wakeham, qu’on a vu récemment sur To Catch a Killer. À la production, on retrouve aussi John Harlacher, président de Weird Tales, ainsi que Tony Eldridge, vice-président film de la maison et producteur de The Equalizer.
Résultat, le projet paraît sérieux, au moins dans son assemblage. Mais il faut garder la tête froide, Nether Station et Nether Vortex sont encore en développement. Ce qui compte déjà, c’est autre chose : dans une industrie qui recycle beaucoup, voir un cinéaste revenir vers la forme qui lui va le mieux, c’est parfois la meilleure nouvelle possible.