En bref
- Un montage plus long d’Event Horizon aurait existé
- Des scènes coupées bien plus dures auraient disparu
- La restauration complète reste hors de portée
Le plus troublant avec Event Horizon, ce n’est peut-être pas ce qu’on a vu en salles. C’est ce qu’on ne verra peut-être jamais. Depuis des années, le film de Paul W.S. Anderson traîne la rumeur d’un montage original bien plus violent, dont une partie des images aurait été perdue ou gravement détériorée.
Un film déjà malsain, avant même les scènes perdues
Sorti en 1997, Event Horizon mélange la science-fiction et l’horreur avec une efficacité assez sèche. Sam Neill et Laurence Fishburne y incarnent les figures centrales d’une mission de secours envoyée vers un vaisseau disparu depuis des années, puis réapparu près de Neptune.
Sur le papier, le point de départ semble simple. En pratique, le vaisseau a utilisé un moteur expérimental qui a ouvert un passage vers un endroit où personne n’aurait dû mettre les pieds. Et ce qui en est revenu a transformé l’appareil en véritable maison hantée flottante. Le contraste marche encore très bien aujourd’hui, avec ce mélange de mécanique spatiale crédible et de cauchemar visuel qui donne au film une identité assez rare.
Le montage initial allait nettement plus loin
La version cinéma était déjà brutale. Mais Paul W.S. Anderson aurait d’abord livré une version d’environ 130 minutes, avant que le studio n’impose un film plus court.
Résultat ? Pas mal de matière retirée. Et pas quelques lignes de dialogue ou une fin alternative, bref. Les scènes coupées auraient montré de façon beaucoup plus graphique le passé du vaisseau, notamment la fameuse séquence liée à son équipage d’origine. C’est aussi ce qui a nourri la réputation du film, souvent cité parmi les productions horrifiques de studio les plus dérangeantes de son époque.
Pourquoi cette histoire obsède encore les fans d’horreur
D’ordinaire, des scènes supprimées finissent par refaire surface. On les retrouve sur un Blu-ray collector, dans des archives, ou au moins sous la forme d’un assemblage incomplet qui permet de comprendre l’intention du réalisateur.
Ici, c’est justement là que l’histoire devient frustrante. Une partie du matériel aurait été conservée dans de mauvaises conditions, avec à la clé une possible détérioration des éléments originaux. Ça ne veut pas forcément dire que chaque plan a disparu, mais une restauration complète du director’s cut reste hors d’atteinte.
Et c’est ce qui compte. Event Horizon est déjà devenu un film culte sans cette demi-heure supplémentaire. Mais savoir qu’une version encore plus extrême a été tournée, puis peut-être perdue, ajoute une couche presque mythologique à son histoire. Pour les fans, la question n’est plus seulement de revoir le film. C’est de savoir si une part de son vrai visage a disparu avec ses bobines.